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dimanche 19 avril 2015

«En Afrique, tous les dirigeants sont des francs-maçons» (VIDÉO)

Ecrivain malien de renom, Doumbi Fakoly est revenu dans un récent entretien à la difficile situation sociale, politique et économique du continent africain ces derniers temps. Pour l’auteur d’une trentaine d’œuvres littéraires, reconnu pour ses convictions panafricanistes, les crises qui secouent l’Afrique ont une origine commune : la spiritualité douteuse de ses dirigeants.



Dans un entretien à bâtons rompus accordé au site d’information malien Maliactu.net, mis en ligne mardi 13 août, l’écrivain sénégalais d’origine malienne Doumbi Fakoly est revenu sur les nombreuses crises qui rythment la vie des Africains depuis plusieurs années. Si chacun des pays du continent connaît à sa manière ses difficultés, les origines de celles-ci, quant à elles, ne sont pas multiples et semblent même venir d’un seul fait : l’occultisme.

En effet, du Gabon au Mali en passant par les nombreuses crises de l’Afrique du nord ou même de la situation «misérable» des populations, contraintes à vivre dans la précarité malgré les richesses dont disposent le continent, l’appartenance des dirigeants africains aux loges, sectes et autres sociétés occultes est, selon l’écrivain, la principale raison des déboires du continent.

Pour Doumbi Fakoly, «le problème de l’Afrique, c’est que pratiquement tous les dirigeants sont des francs-maçons. La franc-maçonnerie est une organisation internationale qui est chapeautée par les illuminatis. L’objectif est de créer un gouvernement mondial unique. Les institutions comme le Fonds monétaire international (FMI), l’ONU, la Banque mondiale en font partie», ce qui explique notamment l’ingérence de ces dernières dans les affaires des Etats africains : «Elles placent à la tête des Etats des gens qui sont de leur nombre», pense Doumbi Fakoly.

«D’ailleurs, un profane, c’est-à-dire, quelqu’un qui n’est pas un franc-maçon ne peut pas diriger un Etat africain. Donc ce sont les francs-maçons qui dirigent. Et ceux-ci, quand ils sont choisis, s’entourent aussi des francs-maçons», renchérit-il avant de rappeler : «Dans mes livres, je donne beaucoup d’informations sur les liens entre les chefs d’Etat africains et la franc-maçonnerie.» Ainsi, l’écrivain qui se présente comme un «citoyen du monde noir par conviction de combat», revient sur un dossier révélé au public par de nombreuses publications dont celle intitulée «Ces francs-maçons qui vous gouvernent» de l’hebdomadaire Jeune Afrique, en avril 2011, et qui présentait déjà le phénomène comme un «héritage de la colonisation», maître de toutes les nominations aux postes de responsabilité sur le continent.

Si Doumbi Fakoly a reconnu le flou entretenu sur la question par les dirigeants ouest africains à cause de l’islam, il est démontré que la plupart de ceux-ci, si ce n’est tous, sont ou ont appartenu à quelque loge et cercle maçonnique, que ce soit pour leur accession au pouvoir, du moins pour la seule raison du respect des hiérarchies. «Si le chef de l’Etat n’est pas le grand maître, il risque d’être sous l’influence d’autres personnes dans son propre pays. Voilà pourquoi on fait de lui directement le grand maître de la loge franc-maçonnique dans son pays», relève l’écrivain qui a également noté qu’«en Afrique centrale, les dirigeants ne cachent pas leur appartenance à la franc-maçonnerie. Il n’y a pas longtemps, Ali Bongo Ondimba a organisé une grande fête pour son intronisation.»

Pour conclure, l’auteur de La Colonisation : L’autre crime contre l’humanité (le cas de la France coloniale) -2006- a lancé : «Les ordres viennent de l’extérieur. C’est pourquoi, jusqu’à preuve du contraire, l’Afrique continue d’être dominée. Et aussi longtemps qu’elle sera sous la conduite de ces gens-là (les francs-maçons), l’Afrique ne pourra pas se tirer d’affaires […] car l’appartenance à la franc-maçonnerie est incompatible avec le patriotisme. Quand on est un franc-maçon convaincu, on n’est pas un patriote parce qu’on impose des choses qui ne vont pas dans l’intérêt de votre pays, de vos populations.»

Source: gabonreview

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Entretien à bâtons rompus avec Doumbi Fakoly : « En Afrique tous les dirigeants sont des francs-maçons »

‘’Malien d’origine, sénégalais d’adoption, panafricaniste par conviction, citoyen du monde noir par devoir de combat’’ voilà d’un trait le cv de Doumbi-Fakoly, auteur de 36 livres, qui a bien voulu nous accorder un entretien sur les élections qui viennent de se tenir au Mali. Un coup de sang qui déshabille, encore une fois, l’influence de la Franc-maçonnerie sur nos pays. Lisez plutôt.

Le Tjikan : En tant qu’intellectuel et observateur de la scène politique, quelle appréciation faites-vous des élections que le Mali vient d’organiser ?

Doumbi Fakoly : Moi j’ai mes favoris. Il ya des gens que je supportais au premier tour car je les trouvais crédibles. Et au deuxième tour, mon choix va naturellement en faveur d’IBK parce qu’il n’est pas possible de supporter des gens qui ont pillé le Mali 20 ans durant. Mais, moi, personnellement je n’ai pas voté même si les gens sont allés voter. Je n’ai pas voté parce que, quand il ya un conflit entre le civisme et le patriotisme, moi je choisi le patriotisme.

Franc maçonnerie et les dirigeants Africains «En Afrique, tous les dirigeants sont des francs maçons» (Vidéo)
Je n’ai pas voté parce que je suis un patriote car je n’ai pas supporté que ce soit une puissance extérieure qui nous impose une date pour des élections. Donc, c’est pour montrer que je ne suis pas d’accord avec les habitudes néocoloniales, les habitudes colonialistes de la France. Je ne suis pas d’accord avec cela. C’est la raison de mon refus de voter à une date qui nous est imposée.

Certains diront que quand on supporte un candidat, c’est par son suffrage mais moi j’ai décidé de ne pas voter même si je soutien IBK. Moi je refuse de voter à cause de l’immixtion de la France. J’avais mes favoris au premier tour. Je l’ai dit dans certaines de mes interventions à la télévision.

J’ai dit que les personnes pour lesquelles les Maliens devraient voter doivent être des gens honnêtes, comme Oumar Mariko, Moussa Mara, Soumana Sacko, pour ce qu’ils ont fait par le passé.

En plus de Konimba Sidibé, et naturellement IBK. Sachant bien que parmi tous ces candidats que je viens de citer IBK allait passer car il a plus de gens derrière lui en plus des moyens financiers dont il dispose plus que les autres. Ce sont ces gens vers qui, les votes des Maliens devraient aller.

Et lors du deuxième tour ?

Pour le deuxième tour, il n’ya pas d’hésitation possible car mon choix est IBK. Ibrahim Boubacar Keita est celui que je soutiens. Je pense que certains des candidats qui ont été autorisés à se présenter au premier tour n’auraient même pas dû l’être. Si la Cour constitutionnelle avait fait réellement son travail, ces gens là n’auraient pas du se présenter à l’élection présidentielle.

Ce sont notamment Soumaïla Cissé, Modibo Sidibé et Cheick Modibo Diarra, à qui d’ailleurs, l’accord-cadre interdisait de se présenter. Ces gens, s’ils respectaient leur peuple, ils auraient dû se cacher et profiter des milliards qu’ils ont volé aux Maliens et laisser le peuple tranquille choisir son président.
Voilà mon sentiment général sur le vote. Mais comme ça été imposé par la France, j’ai décidé de ne pas voter.

Donc, vous n’avez pas voté à cause de la main invisible de la France ?

La France n’a pas seulement une main invisible dans ces élections. C’est elle qui les a imposées. Hollande a déclaré qu’il sera intraitable sur la date des élections. Il a fixé la date avant de faire savoir qu’il sera intraitable sur cette date là. Donc, ce n’est pas une main invisible mais les habitudes colonialistes de la France. Et cela est insupportable.

D’aucuns estiment que les pays africains sont en général dirigés par des Francs-maçons, est-ce à dire que notre pays sera soumis aux lois de cette communauté ?

Le problème en Afrique, c’est que, pratiquement tous les dirigeants sont des francs-maçons. La Franc-maçonnerie est une organisation internationale qui est chapeauté par les illuminaties.

L’objectif est de créer un gouvernement mondial unique. Les institutions comme le Fonds Monétaire International fait partie, l’ONU, la Banque mondiale en font partie. C’est leur objectif, ils placent à la tête des Etats des gens qui sont de leur nombre.

D’ailleurs, un profane, c’est-à-dire, quelqu’un qui n’est pas un franc-maçon ne peut pas diriger un Etat Africain. Donc, ce sont les francs-maçons qui dirigent. Et ceux-ci, quand ils sont choisis, ils s’entourent aussi de francs-maçons. Voilà pourquoi les Etats africains sont en grande majorité dirigés que par des francs-maçons.

Il ya peut-être quelques profanes qu’ils mettent à la tête des Etats africains. Mais la plupart sont des Francs-maçons. Et la franc-maçonnerie comme je l’ai dit, son objectif, c’est cela. Il s’agit de créer un gouvernement unique mondial dont les ordres viennent toujours de l’extérieur.

Dans tous les pays d’Afrique, il ya des loges franc-maçonniques. Et les chefs d’Etats sont toujours les grands maîtres de la loge où il ya une hiérarchie. Car quelqu’un qui à un grade inferieur ne peut donner des ordres à un autre d’hiérarchie supérieure.

Si le chef d’Etat n’est pas le chef, le grand maitre, il risque d’être sous l’influence d’autres personnes dans son propre pays. Voilà pourquoi, on fait de lui directement le grand maitre de la loge franc-maçonnique dans son pays.

Comment cela se passe-il en Afrique de l’ouest ?

En Afrique, les dirigeants des pays de l’Afrique de l’Ouest et de la CEDEAO tels que le Burkina, le Mali, la Cote d’Ivoire, le Sénégal….ont peur de se manifester. Ils ont peur certainement de l’Islam ou du christianisme. En Afrique central, les dirigeants ne cachent pas leur appartenance à la franc-maçonnerie. Il n’ya pas longtemps, Ali Bongo Ondimba a organisé une grande fête pour son intronisation.

Donc nous, nos chefs d’Etats en Afrique de l’ouest cachent leur appartenance à la franc-maçonnerie qui, je le dis, dont les ordres viennent de l’extérieur. C’est pourquoi, jusqu’à preuve du contraire, l’Afrique continue d’être dominée. Et aussi longtemps qu’elle sera sous la conduite de ces gens là, l’Afrique ne pourra pas se tirer d’affaires.

Au Mali par exemple, l’ex président Amadou Toumani Touré était le grand maitre de la loge franc-maçonnique. Les Dioncounda Traoré n’ont pas pu le traduire en justice à cause de cela. Si non, il aurait dû être traduit en justice. Les francs-maçons africains qui dirigent nos pays, ils savent qui ils sont. Dans mes livres, je donne beaucoup d’informations sur les liens entre les chefs d’Etas africains et la franc-maçonnerie.

Vous dites qu’un profane ne peut diriger un Etat africain. Que dites-vous des candidats à l’élection présidentielle malienne ?

Même les nombreux candidats qui viennent de se présenter à l’élection, je les soupçonne tous. Car la Franc-maçonnerie, son credo c’est qu’un profane, quelqu’un qui ne fait pas partie de la franc-maçonnerie ne peut pas diriger un pays. Mais, il ya des francs-maçons, qui après décident de quitter cette loge.

Car l’appartenance à la franc-maçonnerie est incompatible avec le patriotisme. Quand on est un franc-maçon convaincu, on n’est pas un patriote par ce qu’on impose des choses qui ne vont pas dans l’intérêt de votre pays, de vos populations.

Et si vous êtes patriotes, là vous quittez la franc-maçonnerie. Et là, ils trouvent une solution pour vous faire partir. D’ailleurs, ils ont combattu tous ceux qui ont ouvert les yeux et ont voulu quitter la franc-maçonnerie comme Kwamé N’Krumah, Thomas Sankara, qui a été remplacé par un franc-maçon qui est Blaise Compaoré. C’est un franc-maçon clair car il n’ya aucun mystère la dessus.


Avez-vous un message particulier à l’endroit du peuple Malien ?

Mon message particulier va à la jeunesse car nous travaillons pour elle. Mon souhait est que cette jeunesse ne vive pas ce que nous nous avons vécu. Et pour cela, il faut qu’elle se bouge, qu’elle ouvre les yeux. Et surtout qu’elle évite d’entrer dans la franc-maçonnerie. Car rentrer dans la franc-maçonnerie, c’est être un traitre potentiel pour son peuple. Et elle peut éviter cela et aller à la rencontre des grands initiés africains tels que le « Cômon », le Vaudou, tout ce qui est africain. Car c’est dans cela qu’elle sera protégée contre la franc-maçonnerie et la contourner.

Il faut cela pour que l’Afrique sorte de la situation dans laquelle elle se trouve aujourd’hui. Ce que je dirai surtout à la jeunesse malienne et à l’ensemble de la jeunesse africaine, c’est que si elle ne fait rien, elle va continuer à souffrir et ses enfants aussi. Et l’Afrique va encore retourner dans le giron des pays occidentaux.

Source : eburnienews
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jeudi 16 avril 2015

Québec: l’élite dirigeante criminalise la grève étudiante

L’Université du Québec à Montréal (UQAM) a été la cible le 8 avril dernier d’une intervention massive de la police antiémeute visant à intimider, tabasser et arrêter des étudiants qui exerçaient leur droit démocratique de grève au sein de leur université. Les vidéos mises en ligne sur Youtube par des journalistes amateurs sont troublantes.
Le premier ministre du Québec Philippe Couillard a personnellement contacté le recteur de l’UQAM Robert Proulx pour exiger le recours à la force afin d’écraser la contestation étudiante. Par cette répression sans précédent entre les murs d’un établissement d’enseignement public, le gouvernement libéral cherche, avec le plein soutien de toute l’élite dirigeante québécoise, à éradiquer toute forme de militantisme parmi les étudiants afin d’intimider la classe ouvrière et imposer un programme d’austérité qui va mener à la dévastation sociale.

La situation a débuté mercredi dernier lorsqu’une trentaine d’étudiants, qui tentaient de stopper la tenue de cours dans quelques pavillons de l’UQAM pour faire respecter un vote de grève, ont été interpellés puis bousculés par des agents de sécurité embauchés par la direction de l’université. Les étudiants ont obtempéré, puis quitté les lieux.

Quelques heures plus tard, cependant, les forces de l’ordre sont intervenues massivement, provoquant des échanges violents avec les manifestants. Des professeurs ont spontanément tenté de se placer entre la police et les étudiants afin d’empêcher les altercations. La police a finalement procédé à l’arrestation de 21 personnes, âgées de 18 à 36 ans, qui ont été accusées de méfait et d’attroupement illégal.

Le soir de l’événement, environ 200 étudiants ont décidé d’occuper l’entrée du pavillon J.-A.-DeSève pour protester contre les arrestations. Ils avaient barricadé les entrées avec des tables et des chaises alors que régnait une ambiance festive. Une poignée d’étudiants, certains cagoulés, auraient commis des actes de vandalisme, créant des tensions avec les étudiants qui occupaient l’édifice pacifiquement.

Peu après minuit, après avoir reçu d'un responsable de l'UQAM un avis pour mettre fin à l'occupation, les agents du service de police de Montréal ont défoncé une porte vitrée à coups de hache et pénétré dans l’établissement. Les étudiants se sont échappés par l’arrière de l’établissement et, au cours de la nuit, les policiers ont poursuivi les manifestants dans les rues, les dispersant avec des gaz lacrymogènes et procédant à cinq arrestations.

La brutalité policière de mercredi dernier a été cautionnée par le premier ministre. Les grands médias et tout l’establishment politique, y compris le Parti québécois, ont dénoncé en chœur les soi-disant actes de «violence» des étudiants. Mettant la réalité la tête en bas, ils présentent la répression étatique comme la conséquence des «comportements inacceptables» des manifestants. Face à cette campagne virulente, Québec Solidaire, supposément de gauche, s’est contenté d’appeler au dialogue pour «éviter des dérapages malheureux».

La cause de la colère étudiante est le programme d’austérité du gouvernement, qui prévoit des coupures de plusieurs milliards de dollars dans les services publics, les emplois, les salaires et l’ensemble des acquis sociaux gagnés de haute lutte par des générations de travailleurs. Les vrais intimidateurs sont assis sur les bancs de l’Assemblée nationale du Québec et dans les salles de rédaction des médias de la grande entreprise.

Tout au long du conflit, le recteur Robert Proulx a envenimé le climat. À la demande du gouvernement, il s’est muni d’une injonction émise par la Cour supérieure pour empêcher les étudiants de bloquer l’accès aux cours, et il a annoncé l’expulsion sans précédent de 9 étudiants impliqués dans des levées de cours et autres gestes de protestation au cours des deux dernières années. Le 7 avril, le recteur a envoyé un courriel annonçant que le calendrier ne serait pas changé et ordonnant aux professeurs de donner leurs cours même devant des salles vides. Le recteur a refusé à maintes reprises de dialoguer avec les étudiants malgré les nombreuses demandes en ce sens.

Si certains étudiants étaient masqués, c’est parce que la direction de l’UQAM a installé des caméras supplémentaires et embauché, au coût de 500.000 dollars, un nombre imposant d’agents de sécurité de la firme privée Gardium pour surveiller et pister les étudiants.

Les quelques actes de vandalisme commis à l’UQAM auraient été l’œuvre d’une poignée d’anarchistes – possiblement liés au Black Bloc – qui cherchent uniquement la confrontation avec la police. Il existe d’ailleurs une longue histoire d’infiltration policière de ces groupes anarchistes et de nombreux cas où des agents provocateurs ont incité des jeunes à commettre des actes illégaux. Le soir de l’occupation, des voitures du SPVM (service de police de la ville de Montréal) ont été abandonnées sans surveillance à la sortie de l’UQAM pour être vandalisées.

Le Parti québécois, la Fédération des cégeps, des associations étudiantes et des syndicats ont réagi aux événements survenus à l’UQAM en appelant à l’encadrement du droit de grève des étudiants – qui fait partie d’une longue tradition au Québec maintenant remise en cause. Une telle législation serait réactionnaire d’un bout à l’autre. Elle serait calquée sur les lois du travail qui encadrent les syndicats et limitent, voire suppriment, le droit de grève. Elle placerait une série d’obstacles à l’exercice de ce droit et serait invoquée à la première occasion pour justifier la répression des étudiants.

Mais cette proposition a été balayée du revers de la main par les libéraux. Tout au long du conflit, le gouvernement a refusé de reconnaître le droit de grève des étudiants. Lors d’un point de presse, le ministre de l’éducation, François Blais, a qualifié l’éducation publique de «don» et il a réitéré que son gouvernement ne reconnaissait que le «droit d’étudier».

La ligne dure du gouvernement représente un sérieux avertissement pour la classe ouvrière. Les mesures de répression dirigées contre les étudiants ne sont qu’un avant-goût de ce qui attend les travailleurs qui s’opposent au saccage de leurs conditions de vie – et en particulier le demi-million d’employés du secteur public qui font face à une offensive frontale du gouvernement libéral comprenant un gel des salaires, des suppressions massives de postes, et la destruction de leurs régimes de pensions.

Face à ce danger, les syndicats ne font rien pour mobiliser leurs membres et préparer une contre-offensive. Comme lors de la grève étudiante de 2012, les centrales syndicales ont refusé d’appuyer les étudiants, facilitant la répression et donnant de facto au gouvernement le feu vert pour l’imposition de son programme d’austérité. Ayant repoussé toute possibilité d’action jusqu’à l’automne ou l’an prochain, les syndicats ont déjà annoncé qu’ils n’ont aucune intention d’entrer en confrontation avec le gouvernement et de déclencher une grève, ce qu’ils appellent le moyen de pression «ultime».

Bien que la grève étudiante ait entraîné dans ses rangs, depuis un mois maintenant, des dizaines de milliers d’étudiants à travers la province – il en resterait plus de 20 000 répartis sur neuf campus – celle-ci montre des signes d’essoufflement. Il existe toujours une vaste opposition à l’austérité parmi les étudiants, et surtout au sein de la classe ouvrière, la cible principale du gouvernement. Toutefois, aucune des factions de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), qui a mené les grèves étudiantes en 2012 et aujourd’hui, ne présente une perspective viable.

D’un côté, la faction plus «conservatrice» continue de se soumettre entièrement à la bureaucratie syndicale, laquelle a clairement annoncé qu’elle ne mènerait aucune action, y compris une soi-disant «grève sociale», aux côtés des étudiants. L’autre faction, apparemment plus «radicale», prône la poursuite de la grève mais ne fait aucun effort pour rallier les travailleurs à la lutte contre l’austérité, se limitant à des appels futiles dirigés vers l’élite dirigeante.

Les mesures draconiennes du gouvernement Couillard ne sont pas de nature purement «idéologique», mais sont dictées par la logique des contradictions du système capitaliste. Comme les élites dirigeantes à travers le monde, la bourgeoisie québécoise est déterminée à faire payer les travailleurs pour la pire crise économique depuis la Deuxième Guerre mondiale.

La seule option viable pour contrer l’austérité est un tournant vers la classe ouvrière internationale, la seule force sociale ayant intérêt à renverser le système de profit et à transformer la société sur la base des besoins humains. Le développement d’un mouvement indépendant de la classe ouvrière signifie une lutte intransigeante contre la bureaucratie syndicale, qui subordonne les travailleurs à la classe dirigeante et les enchaîne au capitalisme.

Source : WSWS
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vendredi 3 avril 2015

Un tournant décisif dans la crise de l'impérialisme étasunien

Avant-hier était la date limite pour les pays de s'inscrire comme membres fondateurs de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB) proposée par la Chine. Cette date marque une défaite importante pour la politique extérieure de l'impérialisme américain.

Contre une vive opposition de Washington, plus de 40 pays ont indiqué qu'ils feraient partie de l'AIIB. Les grandes puissances européennes, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, ainsi que la Norvège, le Danemark et les Pays-Bas, y participent. Presque tous les pays de l'Asie du Sud-Est, qui comptent la Chine comme leur principal partenaire commercial, ont également signé. L'Inde est signataire, comme le Taïwan.

Le coup le plus significatif a été porté par la Grande-Bretagne, le principal allié européen des USA, qui a annoncé sa décision de rejoindre la banque le 12 mars. Ceci a ouvert les vannes pour les autres, y compris deux alliés clé des USA dans la région Asie-Pacifique - l'Australie et la Corée du Sud. Le Japon envisagerait également de rejoindre l'AIIB, peut-être dès juin.

L'envergure de la défaite des États-Unis et ses implications profondes émergent plus clairement lorsqu'on la considère dans une perspective historique.

L'une des principales objections de l'administration Obama par rapport à la nouvelle banque était qu'elle minerait le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Ces institutions, avec l'accord de Bretton Woods de 1944, étaient les piliers centraux de l'ordre économique mondial établi après la Seconde Guerre mondiale par les Etats-Unis, qui a joué le rôle central dans la reconstruction du capitalisme mondial après la dévastation des deux guerres mondiales et les luttes révolutionnaires que cette dévastation a produites.

Bien sûr, ces deux institutions, ainsi que le Plan Marshall pour la restabilisation de l'Europe, a tourné à l'avantage économique et stratégique de l'impérialisme américain.

Si l'Amérique a profité énormément de l'ordre de l'après-guerre, sa conception n'était pas bornée. Les cercles dirigeants politiques et économiques reconnaissaient que si le capitalisme américain allait survivre, il faudrait utiliser les énormes ressources à sa disposition pour assurer la croissance et l'expansion d'autres puissances capitalistes, surtout celles que les Etats-Unis venaient de battre dans un conflit atroce et sanglant.

La reconstruction d'après-guerre a permis l'expansion de l'Allemagne et l'a transformée une fois de plus en bastion industriel de l'Europe. Parallèlement, des concessions au Japon sur la valeur de sa monnaie, fixée à ¥ 360 le dollar, ouvraient des marchés d'exportation à son industrie. La décision de construire des camions et d'autres équipements militaires au Japon lors de la guerre de Corée a jeté les bases du développement de l'industrie automobile du Japon ; ce pays a incorporé, puis développé, les techniques de production de pointe établies aux États-Unis.

Les capacités industrielle et économique des États-Unis, même si elles servaient à des fins réactionnaires comme lors de la guerre de Corée, ont été utilisées pour inaugurer une nouvelle phase d'expansion : les trentes glorieuses de l'après-guerre.

Quel contraste avec la situation actuelle! Le capitalisme américain n’est plus le centre industriel du monde, capable d’assurer le développement de l'économie capitaliste mondiale. Il fonctionne plutôt comme le parasite-en-chef mondial. Ses banques d’investissment rapaces et ses fonds spéculatifs parcourent le monde entier, engagés non pas dans la production, mais dans l'appropriation des richesses produites ailleurs, souvent par le biais d’opérations criminelles ou semi-criminelles.

Dans la période d'après-guerre, les États-Unis était le champion du libre-échange, en reconnaissant que le protectionnisme et le chacun-pour-soi des années 1930 avaient produit une catastrophe. Aujourd'hui, grâce à des mesures telles que le Partenariat Trans-Pacifique et des arrangements similaires avec l'Europe, Washington cherche à forger des accords d’exclusivité pour protéger les positions monopolistes des sociétés américaines. L’Amérique, a déclaré Obama, doit écrire les règles mondiales pour le commerce et l'investissement du 21e siècle.

L'influence américaine dans la période d'après-guerre ne se limitait pas à la sphère économique. Malgré toutes ses fonctions contradictoires, la société américaine semblait avoir quelque chose à offrir au monde dans son ensemble, qui avait souffert des décennies de guerre, de fascisme et de dictatures militaires, accompagnés de dévastation économique.

Encore une fois, le contraste avec la situation actuelle ne pourrait pas être plus saisissant. La démocratie américaine, autrefois citée en exemple, est une caricature flétrie d'elle-même, n’étant plus capable de cacher la dictature des élites financières et des entreprises.

Les conditions sociales sont caractérisées par la pauvreté et la violence de l'État, reflétée dans les meurtres quotidiens par la police. L'Amérique a le taux d'incarcération le plus élevé au monde ; à Détroit, autrefois le centre de l'économie industrielle américaine, on coupe l'eau aux habitants démunis. Le gouvernement américain pratique la torture, les enlèvements, les assassinats et l'espionnage de masse sur son propre peuple et d'autres à travers le monde. Le pays est dirigé par des criminels qui commettent leurs crimes en toute impunité.

Après la dissolution de l'Union soviétique en 1991, qui éliminait son rival mondial, la classe dirigeante américaine a été saisi par l'idée que, si sa situation économique avait été sévèrement affaiblie - le krach boursier de 1987 présageait d'autres choses à venir - l'hégémonie américaine pourrait néanmoins être maintenue par des moyens militaires.

Mais comme Frederick Engels avait déjà expliqué, en réfutant un autre partisan de la «théorie de la force », la notion qu'on pourrait « débarrasser le monde, grâce au feu des canons Krupp et des fusils Mauser », des contradictions produites par la vie économque – le progrès de l'industrie, le crédit, et le commerce – était une illusion.

Au courant des 25 dernières années, la politique étrangère américaine, basée sur les missiles de croisière et les drones, les invasions et les opérations de changement de régime justifiées par des mensonges, a produit une débâcle après l'autre.

Maintenant c’est le retour de manivelle ; les autres puissances capitalistes, grandes ou petites, commencent à conclure que s’atteler au mastodonte américain mène droit au désastre. C’est là la signification historique de leur décision d’adhérer à l'AIIB.

Comment l'impérialisme américain répondra t-il? En augmentant ses provocations militaires, menaçant de plonger le monde dans de nouvelles guerres.

En traçant la montée de l'impérialisme américain aux années 1920, Léon Trotsky a remarqué qu'en période de crise, son hégémonie se ferait « sentir plus complètement, plus ouvertement, plus impitoyablement que durant la période de croissance », et qu'il serait tenté de surmonter ses difficultés et ses maladies au détriment de ses rivaux, si nécessaire par la guerre.

Cependant, il y a un autre aspect, qui est décisif dans l'analyse finale, lié au déclin économique de l'impérialisme américain, si puissamment marqué par les événements d'hier.

Pendant des décennies, la classe ouvrière américaine était désorientée par l'idée d'une puissance en constante ascension – que « les meilleurs jours » de l'Amérique étaient toujours à l'avenir. La réalité commence maintenant à s’imposer dans la conscience collective de plus en plus brutalement.

Les événements brisent les illusions du passé et propulseront la classe ouvrière américaine sur la voie de la lutte révolutionnaire, créant ainsi les conditions pour unifier la classe ouvrière internationale dans la lutte pour la révolution socialiste mondiale.

Source : WSWS

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