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mercredi 6 mai 2015

Les élections générales britanniques révèlent la crise du régime capitaliste

La campagne pour l'élection générale de la Grande-Bretagne le 7 mai a mis en relief la fragilité et l'instabilité du système politique du pays. La crise engloutissant le Royaume uni, la deuxième économie de l'Europe, le troisième marché d'actions du monde et un allié politique et militaire clé de l'impérialisme américain, a des implications majeures pour la politique mondiale.

Les Tories conservateurs au pouvoir sont légèrement en avance sur le Parti travailliste ou à égalité dans les sondages, mais sans suffisamment de voix pour former un gouvernement. Les Libéraux-Démocrates, partenaires de coalition des Tories, craignent un effondrement électoral. A cause de leur propre virage à droite, les travaillistes n'ont pu bénéficier de l'opposition massive aux Tories ; ils doivent chercher des partenaires de coalition pour gouverner.

Le patronat veut les conservateurs au pouvoir pour continuer l'austérité. Cependant, compte tenu de la promesse du Premier ministre David Cameron d'organiser un référendum en 2017 sur la sortie de l'Union européenne, ils craignent qu'une éventuelle alliance entre les conservateurs et l'UK Independence Party (UKIP) se traduise par une "Brexit" (sortie de l'UE). Ceci pourrait être une menace plus fondamentale pour la stabilité du continent que la crise croissante en Grèce.

En même temps, la possibilité que le leader travailliste Ed Miliband cherche le soutien du Parti national écossais (SNP), qui est en posture d'éliminer les travaillistes en Ecosse, soulève le spectre d'un nouvel élan pour l'indépendance écossaise et de l'éclatement du Royaume-Uni.

Aucune combinaison de partis au gouvernement n'est exclue, y compris un gouvernement d'unité nationale rassemblant les conservateurs et les travaillistes. Des universitaires avertissent qu'une deuxième élection est «extrêmement probable» et traitent de « minuscule » la possibilité qu'une nouvelle coalition dure cinq ans.

Le thème commun des commentaires politiques est le risque d'une descente dans l'incertitude politique et la crise.

Selon commentateur, Anatole Kaletsky, «Dans les années à venir, la Grande-Bretagne sera probablement pays de l'Europe le plus politiquement imprévisible."

The Economist évoque une « grande fracturation ». s'inquiétant que « si le système parlementaire vient à être considéré comme à la fois injuste et inefficace, alors il risque une crise de légitimité ».

Il y a des avertissements de délocalisations d'entreprises et d'une éventuelle fuite de capitaux du Royaume-Uni. La grande banque HSBC envisage de délocaliser son siège de Londres par crainte d'une sortie de l'UE. L'entreprise d'investissement Nutmeg réduit ses avoirs en actions britanniques de deux tiers, et les investisseurs américains, qui ont vendu $8 milliards d'actions britanniques avant le référendum écossais de septembre dernier, n'en ont racheté que la moitié depuis.

Aucun commentateur bourgeois ne peut honnêtement s'addresser aux causes sous-jacentes de la crise de régime qui se développe au Royaume-Uni.

Comme avec la Nouvelle Démocratie conservatrice et le PASOK social-démocrate en Grèce, le Parti populaire et le Parti socialiste en Espagne, et l'Union pour un mouvement populaire gaulliste et le Parti socialiste en France, les mécanismes traditionnels à travers desquels la bourgeoisie a gouverné ont été éviscérés en raison de leur imposition de mesures d'austérité draconiennes.

C'est une élection dominée par une question avant toutes autres : le gouffre social grandissant entre une mince couche de super-riches et la grande masse des gens qui travaillent, qui représentent la grande majorité de la population.

Cette semaine, le Sunday Times a remarqué que les super-riches en Grande-Bretagne sont deux fois plus riches qu’ils ne l'étaient en 2009. Les 1.000 personnes les plus riches en Grande-Bretagne valent collectivement £ 547 milliards. Il y a maintenant 117 milliardaires (en livre sterling) basés en Grande-Bretagne.

Cette richesse obscène est le fruit du pillage de la classe ouvrière.

Les conservateurs promettent des nouvelles coupes budgétaires de dizaines de milliards de livres, dont £ 12 milliards de l’aide sociale. Les travaillistes ont promis une « un « verrouillage du plafond budgétaire » qui les obligera à réduire le déficit budgétaire d’année en année.

Le SNP, Plaid Cymru (le parti de Galles) et les Verts se présentent comme des alternatives anti-austérité, cherchant à exploiter l'opposition populaire aux Tories et aux travaillistes. Cependant, ces partis capitalistes ne proposent qu'un rythme un peu plus lent dans la mise en œuvre de l'austérité.

Selon l'Institut des études fiscales, les politiques budgétaires de la SNP sont « essentiellement les mêmes » que celles des travaillistes. Tous ces partis font savoir qu'ils comptent remettre les votes recevront aux travaillistes dans une «alliance progressiste» - en réalité, une alliance de l'austérité - si les conservateurs n'arrivent pas à former un gouvernement.

Le SNP nationaliste et Plaid Cymru et leurs alliés de pseudo-gauche jouent un rôle essentiel dans la division de la classe ouvrière face à l'ennemi commun, en les subordonnant à l'une ou l'autre partie de la bourgeoisie.

Les déclarations publiques des principaux partis sont des mensonges sans valeur, conçus pour masquer leurs intentions. Les calculs qu'ils présentent publiquement sont fondés sur une croissance économique continue alors qu'une nouvelle chute économique se profile.

Un autre fait incontournable de cette élection est la marche vers le militarisme et la guerre.

On fait le silence sur ce danger. Dans un contexte d'exercices navals massifs au large de l'Ecosse, d'exercices aériens au Pays de Galles du Sud impliquant 13 000 soldats de l'OTAN, et le décollage incessant d'avions de combat pour escorter les navires russes en dehors des eaux britanniques, les conservateurs et du travaillistes se rivalisent pour démontrer quel parti sera l'allié le plus fiable des Etats-Unis dans l'escalade du conflit avec la Russie et la Chine.

La campagne électorale a commencé par l'envoi de conseillers et formateurs militaires britanniques en Ukraine et en Syrie. L’un ou l’autre de ces conflits pourrait mettre le feu aux poudres d'une guerre plus large.

Le SNP et Plaid Cymru se présentent comme des opposants au programme de sous-marin nucléaire Trident tout en précisant leur loyauté envers l'OTAN. Comme les Verts, ils veulent voir le développement des forces armées conventionnelles de la Grande-Bretagne.

Le Parti de l'égalité socialiste présente ses candidats Katie Rhodes à Glasgow-Central et David O'Sullivan à Holborn et St. Pancras à Londres. Nous avançons une perspective politique indépendante pour mobiliser la classe ouvrière dans la lutte pour un gouvernement ouvrier engagé à des politiques socialistes, dans le cadre de la lutte pour les États unis socialistes d'Europe et une fédération socialiste mondiale.

Notre campagne électorale a été menée comme une partie intégrante d'une offensive politique internationale pour faire du Comité international de la Quatrième Internationale le « centre international d'opposition révolutionnaire à la résurgence de la violence impérialiste et le militarisme », comme l'explique la déclaration de 3 juillet 2014 du CIQI

La campagne du SEP (Parti de l’égalité socialiste) s’avérera être une étape importante dans le développement d'une nouvelle direction révolutionnaire dans le Royaume-Uni et la construction du CIQI, en tant que Parti mondial de la Révolution socialiste.

Source : WSWS
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dimanche 3 mai 2015

Le capitalisme, la classe ouvrière et la lutte contre la violence policière

Les événements qui ont éclaté à Baltimore, Maryland après le meurtre par la police de Freddie Gray, 25 ans, marquent un tournant politique aux États-Unis. Ce nouvel acte de violence d’État et la mobilisation militaro-policière qui a suivi contre l’éruption de colère sociale ont mis à nu l’énorme fracture de classe en Amérique, la faillite de tout le système politique et l’effondrement des formes démocratiques de gouvernement.

Ces derniers jours, des milliers de personnes ont participé à des manifestations à Baltimore, New York, Philadelphie et d’autres villes du pays. Alors que la violence policière est l’étincelle immédiate, des questions beaucoup plus profondes sont en jeu: le chômage de masse, la pauvreté, la dégradation des villes et des infrastructures sociales, et les niveaux d’inégalité sociale sans précédent.

L’ensemble de la superstructure politique a répondu à l’agitation à Baltimore en soutenant le déploiement de milliers de soldats de la Garde nationale, une branche des forces armées. Baltimore, situé à seulement 65 kilomètres de la capitale de la nation, a effectivement été occupé, des unités lourdement armées étant déployées dans des lieux publics clés de toute la ville, accompagnées de véhicules blindés et d’hélicoptères militaires. Un état ​​d’urgence a été déclaré, et un couvre-feu imposé à tous les résidents.

Les actions à Baltimore interviennent six mois après la répression à Ferguson, Missouri en août dernier, lorsque la ville a été transformée en une zone de guerre en réponse aux manifestations contre le meurtre de Michael Brown par la police. La violence d’État a été répétée plus tard dans l’année, après que les délibérations truquées d’un grand jury ont disculpé le tueur de Brown.

Il est difficile de manquer l'ironie. Le gouvernement des États-Unis, qui mène la guerre partout dans le monde sous le prétexte bidon de défendre la «démocratie» et les «droits de l’homme», s’appuie de plus en plus sur les méthodes de la loi martiale en réponse à la moindre agitation sociale à l’intérieur de ses propres frontières.

Les conditions à Baltimore illustrent l'immense inégalité sociale qui caractérise la société américaine. Dans l'ensemble, la ville est la sixième la plus pauvre du pays. Dans le quartier Sandtown-Winchester où Gray a été arrêté, plus de la moitié de la population en âge de travailler est au chômage, et le tiers des propriétés résidentielles est inoccupé ou abandonné. Un rapport publié par la ville en 2011 a révélé que près d'un tiers de toutes les familles du quartier vit dans la pauvreté.

Pour réglementer cette catastrophe sociale, les policiers ont été armés jusqu'aux dents et ont reçu carte blanche pour terroriser la population. Les arrestations, passages à tabac et harcèlements sont une réalité quotidienne. Un compte-rendu publié par le Baltimore Sun l’an dernier a révélé que la ville a déboursé 5,7 millions de dollars depuis 2011, en réponse à des poursuites judiciaires contre la violence policière. «Les agents ont battu des dizaines de résidents qui ont subi des fractures – de mâchoires, nez, bras, jambes, chevilles – ainsi que des traumatismes crâniens, des défaillances d'organes, et même la mort, le tout suite à des arrestations douteuses», a rapporté le journal.

Bien que la grande majorité de la population de Sandtown-Winchester soit afro-américaine, la division fondamentale à Baltimore – comme dans la société américaine en son ensemble – est celle de classe, non de race. Comme beaucoup de centres urbains, Baltimore est géré par une élite politique dirigeante noire – en l’occurrence la mairesse, le président du conseil de la ville, le chef de la police, le procureur principal et bien d'autres. La moitié des agents de police sont également noirs.

La mairesse de Baltimore, Stephanie Rawlings-Blake, qui a mené la charge en début de semaine passée pour dénoncer les jeunes de Baltimore comme étant des «voyous», personnifie une couche de la classe moyenne aisée afro-américaine qui fait désormais partie de l'establishment politique du Parti démocrate et occupe des positions de pouvoir et de privilège. Fille d'un politicien de longue date de Maryland, Rawlings-Blake a travaillé en étroite collaboration avec les riches hommes d’affaires de la ville pour développer et embourgeoiser des quartiers du centre-ville, tandis que d’autres régions, comme l’Ouest de Baltimore, ont été dévastées.

Cela fait maintenant 50 ans depuis la vague de soulèvements urbains qui a balayé les États-Unis à la fin des années 1960, y compris Baltimore et bien d’autres villes, après l'assassinat de Martin Luther King Jr en avril 1968.

Les rébellions des années 1960 ont éclaté alors que le réformisme libéral aux Etats-Unis était à son dernier souffle. Au cours des 50 dernières années, la classe dirigeante est passée à l'offensive en menant un assaut implacable contre les emplois, les salaires et le niveau de vie. L'inégalité sociale a grimpé à des niveaux jamais vus depuis la Grande Dépression des années 1930. Des villes comme Baltimore ont été désindustrialisées, des secteurs entiers de l'économie étant anéantis.

Pour faciliter la guerre contre la classe ouvrière, la classe dirigeante a travaillé délibérément à intégrer une petite minorité de la classe moyenne afro-américaine dans les mécanismes du pouvoir d'État, notamment grâce à des politiques telles que la discrimination positive. Pendant ce temps, les conditions pour la grande majorité des travailleurs et des jeunes afro-américains sont pires aujourd'hui qu'elles ne l'étaient dans les années 60.

Obama lui-même représente l'aboutissement de ce processus. Le premier président afro-américain a supervisé un transfert sans précédent des richesses vers les 1 pour cent les plus riches, une guerre interminable à l'étranger et un assaut sur ​​les droits démocratiques les plus élémentaires. Depuis la crise économique de 2008, des ressources illimitées ont été canalisées vers les banques et Wall Street. Le marché boursier et les bénéfices des grandes entreprises sont à des niveaux record, tandis que le gouvernement a mené l'assaut sur ​​les salaires, l'éducation publique, les soins de santé et les conditions de vie de la classe ouvrière en son ensemble.

Depuis 2009, presque tous les gains de revenus aux États-Unis ont été capturés par les 1 pour cent au haut de la pyramide sociale, les 400 personnes les plus riches du pays contrôlant aujourd’hui l’énorme somme de 2290 milliards de dollars. Plus de 600 milliards de dollars par année sont consacrés au financement du mastodonte de l'armée américaine, mais dans des villes comme Baltimore et Detroit, des milliers de ménages se voient privés d'eau courante, un service de première nécessité de la vie moderne.

Il n'y a aucun mécanisme au sein du système politique qui permette à la grande majorité de la population d’exprimer ses griefs. Les événements ont discrédité tout ce qui a passé pour de la politique «progressiste» ou «de gauche», y compris la politique basée sur la race. C’est précisément ce qui remplit la classe dirigeante de terreur, et explique son recours de plus en plus direct à la force et à la violence.

Les droits de la classe ouvrière ne peuvent être réalisés que par une lutte révolutionnaire, qui rassemble les travailleurs de toutes les races dans un mouvement politique indépendant en opposition aux Partis démocrate et républicain, et au système de profit capitaliste qu'ils défendent.

Le SEP (Parti de l’égalité socialiste) appelle à la mobilisation de toute la classe ouvrière pour défendre les travailleurs et les jeunes de Baltimore. Le même appareil d'État-policier entraîné sur les champs de bataille d’Irak et d’Afghanistan, qui terrorise aujourd’hui la population de Baltimore et a été appelé en renfort pour réprimer les manifestations populaires, est et sera déployé contre toute opposition à la politique de l'aristocratie financière et patronale.

Des réunions et des manifestations de masse devraient être organisées à travers le pays pour exiger l'arrestation immédiate des assassins de Gray, la levée de l'état d'urgence à Baltimore, le retrait de la garde nationale et la démobilisation de la police. Ces revendications démocratiques devraient être liées à un programme qui fait avancer les droits sociaux de toute la classe ouvrière, y compris une redistribution massive de la richesse pour assurer à tous des emplois bien rémunérés, l'accès à l’éducation et des soins de santé.

Rien ne peut être réalisé sans un assaut frontal sur la domination de la société par une aristocratie financière déterminée à défendre ses richesses par la violence et la terreur. Son emprise sur la vie économique et politique doit être brisée par l’établissement d'une société basée sur la propriété publique et le contrôle démocratique des forces productives. Pour mettre en œuvre ce programme, la classe ouvrière doit prendre le pouvoir politique aux États-Unis et à l’échelle internationale.

Source: WSWS
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dimanche 19 avril 2015

«En Afrique, tous les dirigeants sont des francs-maçons» (VIDÉO)

Ecrivain malien de renom, Doumbi Fakoly est revenu dans un récent entretien à la difficile situation sociale, politique et économique du continent africain ces derniers temps. Pour l’auteur d’une trentaine d’œuvres littéraires, reconnu pour ses convictions panafricanistes, les crises qui secouent l’Afrique ont une origine commune : la spiritualité douteuse de ses dirigeants.



Dans un entretien à bâtons rompus accordé au site d’information malien Maliactu.net, mis en ligne mardi 13 août, l’écrivain sénégalais d’origine malienne Doumbi Fakoly est revenu sur les nombreuses crises qui rythment la vie des Africains depuis plusieurs années. Si chacun des pays du continent connaît à sa manière ses difficultés, les origines de celles-ci, quant à elles, ne sont pas multiples et semblent même venir d’un seul fait : l’occultisme.

En effet, du Gabon au Mali en passant par les nombreuses crises de l’Afrique du nord ou même de la situation «misérable» des populations, contraintes à vivre dans la précarité malgré les richesses dont disposent le continent, l’appartenance des dirigeants africains aux loges, sectes et autres sociétés occultes est, selon l’écrivain, la principale raison des déboires du continent.

Pour Doumbi Fakoly, «le problème de l’Afrique, c’est que pratiquement tous les dirigeants sont des francs-maçons. La franc-maçonnerie est une organisation internationale qui est chapeautée par les illuminatis. L’objectif est de créer un gouvernement mondial unique. Les institutions comme le Fonds monétaire international (FMI), l’ONU, la Banque mondiale en font partie», ce qui explique notamment l’ingérence de ces dernières dans les affaires des Etats africains : «Elles placent à la tête des Etats des gens qui sont de leur nombre», pense Doumbi Fakoly.

«D’ailleurs, un profane, c’est-à-dire, quelqu’un qui n’est pas un franc-maçon ne peut pas diriger un Etat africain. Donc ce sont les francs-maçons qui dirigent. Et ceux-ci, quand ils sont choisis, s’entourent aussi des francs-maçons», renchérit-il avant de rappeler : «Dans mes livres, je donne beaucoup d’informations sur les liens entre les chefs d’Etat africains et la franc-maçonnerie.» Ainsi, l’écrivain qui se présente comme un «citoyen du monde noir par conviction de combat», revient sur un dossier révélé au public par de nombreuses publications dont celle intitulée «Ces francs-maçons qui vous gouvernent» de l’hebdomadaire Jeune Afrique, en avril 2011, et qui présentait déjà le phénomène comme un «héritage de la colonisation», maître de toutes les nominations aux postes de responsabilité sur le continent.

Si Doumbi Fakoly a reconnu le flou entretenu sur la question par les dirigeants ouest africains à cause de l’islam, il est démontré que la plupart de ceux-ci, si ce n’est tous, sont ou ont appartenu à quelque loge et cercle maçonnique, que ce soit pour leur accession au pouvoir, du moins pour la seule raison du respect des hiérarchies. «Si le chef de l’Etat n’est pas le grand maître, il risque d’être sous l’influence d’autres personnes dans son propre pays. Voilà pourquoi on fait de lui directement le grand maître de la loge franc-maçonnique dans son pays», relève l’écrivain qui a également noté qu’«en Afrique centrale, les dirigeants ne cachent pas leur appartenance à la franc-maçonnerie. Il n’y a pas longtemps, Ali Bongo Ondimba a organisé une grande fête pour son intronisation.»

Pour conclure, l’auteur de La Colonisation : L’autre crime contre l’humanité (le cas de la France coloniale) -2006- a lancé : «Les ordres viennent de l’extérieur. C’est pourquoi, jusqu’à preuve du contraire, l’Afrique continue d’être dominée. Et aussi longtemps qu’elle sera sous la conduite de ces gens-là (les francs-maçons), l’Afrique ne pourra pas se tirer d’affaires […] car l’appartenance à la franc-maçonnerie est incompatible avec le patriotisme. Quand on est un franc-maçon convaincu, on n’est pas un patriote parce qu’on impose des choses qui ne vont pas dans l’intérêt de votre pays, de vos populations.»

Source: gabonreview

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Entretien à bâtons rompus avec Doumbi Fakoly : « En Afrique tous les dirigeants sont des francs-maçons »

‘’Malien d’origine, sénégalais d’adoption, panafricaniste par conviction, citoyen du monde noir par devoir de combat’’ voilà d’un trait le cv de Doumbi-Fakoly, auteur de 36 livres, qui a bien voulu nous accorder un entretien sur les élections qui viennent de se tenir au Mali. Un coup de sang qui déshabille, encore une fois, l’influence de la Franc-maçonnerie sur nos pays. Lisez plutôt.

Le Tjikan : En tant qu’intellectuel et observateur de la scène politique, quelle appréciation faites-vous des élections que le Mali vient d’organiser ?

Doumbi Fakoly : Moi j’ai mes favoris. Il ya des gens que je supportais au premier tour car je les trouvais crédibles. Et au deuxième tour, mon choix va naturellement en faveur d’IBK parce qu’il n’est pas possible de supporter des gens qui ont pillé le Mali 20 ans durant. Mais, moi, personnellement je n’ai pas voté même si les gens sont allés voter. Je n’ai pas voté parce que, quand il ya un conflit entre le civisme et le patriotisme, moi je choisi le patriotisme.

Franc maçonnerie et les dirigeants Africains «En Afrique, tous les dirigeants sont des francs maçons» (Vidéo)
Je n’ai pas voté parce que je suis un patriote car je n’ai pas supporté que ce soit une puissance extérieure qui nous impose une date pour des élections. Donc, c’est pour montrer que je ne suis pas d’accord avec les habitudes néocoloniales, les habitudes colonialistes de la France. Je ne suis pas d’accord avec cela. C’est la raison de mon refus de voter à une date qui nous est imposée.

Certains diront que quand on supporte un candidat, c’est par son suffrage mais moi j’ai décidé de ne pas voter même si je soutien IBK. Moi je refuse de voter à cause de l’immixtion de la France. J’avais mes favoris au premier tour. Je l’ai dit dans certaines de mes interventions à la télévision.

J’ai dit que les personnes pour lesquelles les Maliens devraient voter doivent être des gens honnêtes, comme Oumar Mariko, Moussa Mara, Soumana Sacko, pour ce qu’ils ont fait par le passé.

En plus de Konimba Sidibé, et naturellement IBK. Sachant bien que parmi tous ces candidats que je viens de citer IBK allait passer car il a plus de gens derrière lui en plus des moyens financiers dont il dispose plus que les autres. Ce sont ces gens vers qui, les votes des Maliens devraient aller.

Et lors du deuxième tour ?

Pour le deuxième tour, il n’ya pas d’hésitation possible car mon choix est IBK. Ibrahim Boubacar Keita est celui que je soutiens. Je pense que certains des candidats qui ont été autorisés à se présenter au premier tour n’auraient même pas dû l’être. Si la Cour constitutionnelle avait fait réellement son travail, ces gens là n’auraient pas du se présenter à l’élection présidentielle.

Ce sont notamment Soumaïla Cissé, Modibo Sidibé et Cheick Modibo Diarra, à qui d’ailleurs, l’accord-cadre interdisait de se présenter. Ces gens, s’ils respectaient leur peuple, ils auraient dû se cacher et profiter des milliards qu’ils ont volé aux Maliens et laisser le peuple tranquille choisir son président.
Voilà mon sentiment général sur le vote. Mais comme ça été imposé par la France, j’ai décidé de ne pas voter.

Donc, vous n’avez pas voté à cause de la main invisible de la France ?

La France n’a pas seulement une main invisible dans ces élections. C’est elle qui les a imposées. Hollande a déclaré qu’il sera intraitable sur la date des élections. Il a fixé la date avant de faire savoir qu’il sera intraitable sur cette date là. Donc, ce n’est pas une main invisible mais les habitudes colonialistes de la France. Et cela est insupportable.

D’aucuns estiment que les pays africains sont en général dirigés par des Francs-maçons, est-ce à dire que notre pays sera soumis aux lois de cette communauté ?

Le problème en Afrique, c’est que, pratiquement tous les dirigeants sont des francs-maçons. La Franc-maçonnerie est une organisation internationale qui est chapeauté par les illuminaties.

L’objectif est de créer un gouvernement mondial unique. Les institutions comme le Fonds Monétaire International fait partie, l’ONU, la Banque mondiale en font partie. C’est leur objectif, ils placent à la tête des Etats des gens qui sont de leur nombre.

D’ailleurs, un profane, c’est-à-dire, quelqu’un qui n’est pas un franc-maçon ne peut pas diriger un Etat Africain. Donc, ce sont les francs-maçons qui dirigent. Et ceux-ci, quand ils sont choisis, ils s’entourent aussi de francs-maçons. Voilà pourquoi les Etats africains sont en grande majorité dirigés que par des francs-maçons.

Il ya peut-être quelques profanes qu’ils mettent à la tête des Etats africains. Mais la plupart sont des Francs-maçons. Et la franc-maçonnerie comme je l’ai dit, son objectif, c’est cela. Il s’agit de créer un gouvernement unique mondial dont les ordres viennent toujours de l’extérieur.

Dans tous les pays d’Afrique, il ya des loges franc-maçonniques. Et les chefs d’Etats sont toujours les grands maîtres de la loge où il ya une hiérarchie. Car quelqu’un qui à un grade inferieur ne peut donner des ordres à un autre d’hiérarchie supérieure.

Si le chef d’Etat n’est pas le chef, le grand maitre, il risque d’être sous l’influence d’autres personnes dans son propre pays. Voilà pourquoi, on fait de lui directement le grand maitre de la loge franc-maçonnique dans son pays.

Comment cela se passe-il en Afrique de l’ouest ?

En Afrique, les dirigeants des pays de l’Afrique de l’Ouest et de la CEDEAO tels que le Burkina, le Mali, la Cote d’Ivoire, le Sénégal….ont peur de se manifester. Ils ont peur certainement de l’Islam ou du christianisme. En Afrique central, les dirigeants ne cachent pas leur appartenance à la franc-maçonnerie. Il n’ya pas longtemps, Ali Bongo Ondimba a organisé une grande fête pour son intronisation.

Donc nous, nos chefs d’Etats en Afrique de l’ouest cachent leur appartenance à la franc-maçonnerie qui, je le dis, dont les ordres viennent de l’extérieur. C’est pourquoi, jusqu’à preuve du contraire, l’Afrique continue d’être dominée. Et aussi longtemps qu’elle sera sous la conduite de ces gens là, l’Afrique ne pourra pas se tirer d’affaires.

Au Mali par exemple, l’ex président Amadou Toumani Touré était le grand maitre de la loge franc-maçonnique. Les Dioncounda Traoré n’ont pas pu le traduire en justice à cause de cela. Si non, il aurait dû être traduit en justice. Les francs-maçons africains qui dirigent nos pays, ils savent qui ils sont. Dans mes livres, je donne beaucoup d’informations sur les liens entre les chefs d’Etas africains et la franc-maçonnerie.

Vous dites qu’un profane ne peut diriger un Etat africain. Que dites-vous des candidats à l’élection présidentielle malienne ?

Même les nombreux candidats qui viennent de se présenter à l’élection, je les soupçonne tous. Car la Franc-maçonnerie, son credo c’est qu’un profane, quelqu’un qui ne fait pas partie de la franc-maçonnerie ne peut pas diriger un pays. Mais, il ya des francs-maçons, qui après décident de quitter cette loge.

Car l’appartenance à la franc-maçonnerie est incompatible avec le patriotisme. Quand on est un franc-maçon convaincu, on n’est pas un patriote par ce qu’on impose des choses qui ne vont pas dans l’intérêt de votre pays, de vos populations.

Et si vous êtes patriotes, là vous quittez la franc-maçonnerie. Et là, ils trouvent une solution pour vous faire partir. D’ailleurs, ils ont combattu tous ceux qui ont ouvert les yeux et ont voulu quitter la franc-maçonnerie comme Kwamé N’Krumah, Thomas Sankara, qui a été remplacé par un franc-maçon qui est Blaise Compaoré. C’est un franc-maçon clair car il n’ya aucun mystère la dessus.


Avez-vous un message particulier à l’endroit du peuple Malien ?

Mon message particulier va à la jeunesse car nous travaillons pour elle. Mon souhait est que cette jeunesse ne vive pas ce que nous nous avons vécu. Et pour cela, il faut qu’elle se bouge, qu’elle ouvre les yeux. Et surtout qu’elle évite d’entrer dans la franc-maçonnerie. Car rentrer dans la franc-maçonnerie, c’est être un traitre potentiel pour son peuple. Et elle peut éviter cela et aller à la rencontre des grands initiés africains tels que le « Cômon », le Vaudou, tout ce qui est africain. Car c’est dans cela qu’elle sera protégée contre la franc-maçonnerie et la contourner.

Il faut cela pour que l’Afrique sorte de la situation dans laquelle elle se trouve aujourd’hui. Ce que je dirai surtout à la jeunesse malienne et à l’ensemble de la jeunesse africaine, c’est que si elle ne fait rien, elle va continuer à souffrir et ses enfants aussi. Et l’Afrique va encore retourner dans le giron des pays occidentaux.

Source : eburnienews
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jeudi 16 avril 2015

Québec: l’élite dirigeante criminalise la grève étudiante

L’Université du Québec à Montréal (UQAM) a été la cible le 8 avril dernier d’une intervention massive de la police antiémeute visant à intimider, tabasser et arrêter des étudiants qui exerçaient leur droit démocratique de grève au sein de leur université. Les vidéos mises en ligne sur Youtube par des journalistes amateurs sont troublantes.
Le premier ministre du Québec Philippe Couillard a personnellement contacté le recteur de l’UQAM Robert Proulx pour exiger le recours à la force afin d’écraser la contestation étudiante. Par cette répression sans précédent entre les murs d’un établissement d’enseignement public, le gouvernement libéral cherche, avec le plein soutien de toute l’élite dirigeante québécoise, à éradiquer toute forme de militantisme parmi les étudiants afin d’intimider la classe ouvrière et imposer un programme d’austérité qui va mener à la dévastation sociale.

La situation a débuté mercredi dernier lorsqu’une trentaine d’étudiants, qui tentaient de stopper la tenue de cours dans quelques pavillons de l’UQAM pour faire respecter un vote de grève, ont été interpellés puis bousculés par des agents de sécurité embauchés par la direction de l’université. Les étudiants ont obtempéré, puis quitté les lieux.

Quelques heures plus tard, cependant, les forces de l’ordre sont intervenues massivement, provoquant des échanges violents avec les manifestants. Des professeurs ont spontanément tenté de se placer entre la police et les étudiants afin d’empêcher les altercations. La police a finalement procédé à l’arrestation de 21 personnes, âgées de 18 à 36 ans, qui ont été accusées de méfait et d’attroupement illégal.

Le soir de l’événement, environ 200 étudiants ont décidé d’occuper l’entrée du pavillon J.-A.-DeSève pour protester contre les arrestations. Ils avaient barricadé les entrées avec des tables et des chaises alors que régnait une ambiance festive. Une poignée d’étudiants, certains cagoulés, auraient commis des actes de vandalisme, créant des tensions avec les étudiants qui occupaient l’édifice pacifiquement.

Peu après minuit, après avoir reçu d'un responsable de l'UQAM un avis pour mettre fin à l'occupation, les agents du service de police de Montréal ont défoncé une porte vitrée à coups de hache et pénétré dans l’établissement. Les étudiants se sont échappés par l’arrière de l’établissement et, au cours de la nuit, les policiers ont poursuivi les manifestants dans les rues, les dispersant avec des gaz lacrymogènes et procédant à cinq arrestations.

La brutalité policière de mercredi dernier a été cautionnée par le premier ministre. Les grands médias et tout l’establishment politique, y compris le Parti québécois, ont dénoncé en chœur les soi-disant actes de «violence» des étudiants. Mettant la réalité la tête en bas, ils présentent la répression étatique comme la conséquence des «comportements inacceptables» des manifestants. Face à cette campagne virulente, Québec Solidaire, supposément de gauche, s’est contenté d’appeler au dialogue pour «éviter des dérapages malheureux».

La cause de la colère étudiante est le programme d’austérité du gouvernement, qui prévoit des coupures de plusieurs milliards de dollars dans les services publics, les emplois, les salaires et l’ensemble des acquis sociaux gagnés de haute lutte par des générations de travailleurs. Les vrais intimidateurs sont assis sur les bancs de l’Assemblée nationale du Québec et dans les salles de rédaction des médias de la grande entreprise.

Tout au long du conflit, le recteur Robert Proulx a envenimé le climat. À la demande du gouvernement, il s’est muni d’une injonction émise par la Cour supérieure pour empêcher les étudiants de bloquer l’accès aux cours, et il a annoncé l’expulsion sans précédent de 9 étudiants impliqués dans des levées de cours et autres gestes de protestation au cours des deux dernières années. Le 7 avril, le recteur a envoyé un courriel annonçant que le calendrier ne serait pas changé et ordonnant aux professeurs de donner leurs cours même devant des salles vides. Le recteur a refusé à maintes reprises de dialoguer avec les étudiants malgré les nombreuses demandes en ce sens.

Si certains étudiants étaient masqués, c’est parce que la direction de l’UQAM a installé des caméras supplémentaires et embauché, au coût de 500.000 dollars, un nombre imposant d’agents de sécurité de la firme privée Gardium pour surveiller et pister les étudiants.

Les quelques actes de vandalisme commis à l’UQAM auraient été l’œuvre d’une poignée d’anarchistes – possiblement liés au Black Bloc – qui cherchent uniquement la confrontation avec la police. Il existe d’ailleurs une longue histoire d’infiltration policière de ces groupes anarchistes et de nombreux cas où des agents provocateurs ont incité des jeunes à commettre des actes illégaux. Le soir de l’occupation, des voitures du SPVM (service de police de la ville de Montréal) ont été abandonnées sans surveillance à la sortie de l’UQAM pour être vandalisées.

Le Parti québécois, la Fédération des cégeps, des associations étudiantes et des syndicats ont réagi aux événements survenus à l’UQAM en appelant à l’encadrement du droit de grève des étudiants – qui fait partie d’une longue tradition au Québec maintenant remise en cause. Une telle législation serait réactionnaire d’un bout à l’autre. Elle serait calquée sur les lois du travail qui encadrent les syndicats et limitent, voire suppriment, le droit de grève. Elle placerait une série d’obstacles à l’exercice de ce droit et serait invoquée à la première occasion pour justifier la répression des étudiants.

Mais cette proposition a été balayée du revers de la main par les libéraux. Tout au long du conflit, le gouvernement a refusé de reconnaître le droit de grève des étudiants. Lors d’un point de presse, le ministre de l’éducation, François Blais, a qualifié l’éducation publique de «don» et il a réitéré que son gouvernement ne reconnaissait que le «droit d’étudier».

La ligne dure du gouvernement représente un sérieux avertissement pour la classe ouvrière. Les mesures de répression dirigées contre les étudiants ne sont qu’un avant-goût de ce qui attend les travailleurs qui s’opposent au saccage de leurs conditions de vie – et en particulier le demi-million d’employés du secteur public qui font face à une offensive frontale du gouvernement libéral comprenant un gel des salaires, des suppressions massives de postes, et la destruction de leurs régimes de pensions.

Face à ce danger, les syndicats ne font rien pour mobiliser leurs membres et préparer une contre-offensive. Comme lors de la grève étudiante de 2012, les centrales syndicales ont refusé d’appuyer les étudiants, facilitant la répression et donnant de facto au gouvernement le feu vert pour l’imposition de son programme d’austérité. Ayant repoussé toute possibilité d’action jusqu’à l’automne ou l’an prochain, les syndicats ont déjà annoncé qu’ils n’ont aucune intention d’entrer en confrontation avec le gouvernement et de déclencher une grève, ce qu’ils appellent le moyen de pression «ultime».

Bien que la grève étudiante ait entraîné dans ses rangs, depuis un mois maintenant, des dizaines de milliers d’étudiants à travers la province – il en resterait plus de 20 000 répartis sur neuf campus – celle-ci montre des signes d’essoufflement. Il existe toujours une vaste opposition à l’austérité parmi les étudiants, et surtout au sein de la classe ouvrière, la cible principale du gouvernement. Toutefois, aucune des factions de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), qui a mené les grèves étudiantes en 2012 et aujourd’hui, ne présente une perspective viable.

D’un côté, la faction plus «conservatrice» continue de se soumettre entièrement à la bureaucratie syndicale, laquelle a clairement annoncé qu’elle ne mènerait aucune action, y compris une soi-disant «grève sociale», aux côtés des étudiants. L’autre faction, apparemment plus «radicale», prône la poursuite de la grève mais ne fait aucun effort pour rallier les travailleurs à la lutte contre l’austérité, se limitant à des appels futiles dirigés vers l’élite dirigeante.

Les mesures draconiennes du gouvernement Couillard ne sont pas de nature purement «idéologique», mais sont dictées par la logique des contradictions du système capitaliste. Comme les élites dirigeantes à travers le monde, la bourgeoisie québécoise est déterminée à faire payer les travailleurs pour la pire crise économique depuis la Deuxième Guerre mondiale.

La seule option viable pour contrer l’austérité est un tournant vers la classe ouvrière internationale, la seule force sociale ayant intérêt à renverser le système de profit et à transformer la société sur la base des besoins humains. Le développement d’un mouvement indépendant de la classe ouvrière signifie une lutte intransigeante contre la bureaucratie syndicale, qui subordonne les travailleurs à la classe dirigeante et les enchaîne au capitalisme.

Source : WSWS
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vendredi 3 avril 2015

Un tournant décisif dans la crise de l'impérialisme étasunien

Avant-hier était la date limite pour les pays de s'inscrire comme membres fondateurs de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB) proposée par la Chine. Cette date marque une défaite importante pour la politique extérieure de l'impérialisme américain.

Contre une vive opposition de Washington, plus de 40 pays ont indiqué qu'ils feraient partie de l'AIIB. Les grandes puissances européennes, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, ainsi que la Norvège, le Danemark et les Pays-Bas, y participent. Presque tous les pays de l'Asie du Sud-Est, qui comptent la Chine comme leur principal partenaire commercial, ont également signé. L'Inde est signataire, comme le Taïwan.

Le coup le plus significatif a été porté par la Grande-Bretagne, le principal allié européen des USA, qui a annoncé sa décision de rejoindre la banque le 12 mars. Ceci a ouvert les vannes pour les autres, y compris deux alliés clé des USA dans la région Asie-Pacifique - l'Australie et la Corée du Sud. Le Japon envisagerait également de rejoindre l'AIIB, peut-être dès juin.

L'envergure de la défaite des États-Unis et ses implications profondes émergent plus clairement lorsqu'on la considère dans une perspective historique.

L'une des principales objections de l'administration Obama par rapport à la nouvelle banque était qu'elle minerait le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Ces institutions, avec l'accord de Bretton Woods de 1944, étaient les piliers centraux de l'ordre économique mondial établi après la Seconde Guerre mondiale par les Etats-Unis, qui a joué le rôle central dans la reconstruction du capitalisme mondial après la dévastation des deux guerres mondiales et les luttes révolutionnaires que cette dévastation a produites.

Bien sûr, ces deux institutions, ainsi que le Plan Marshall pour la restabilisation de l'Europe, a tourné à l'avantage économique et stratégique de l'impérialisme américain.

Si l'Amérique a profité énormément de l'ordre de l'après-guerre, sa conception n'était pas bornée. Les cercles dirigeants politiques et économiques reconnaissaient que si le capitalisme américain allait survivre, il faudrait utiliser les énormes ressources à sa disposition pour assurer la croissance et l'expansion d'autres puissances capitalistes, surtout celles que les Etats-Unis venaient de battre dans un conflit atroce et sanglant.

La reconstruction d'après-guerre a permis l'expansion de l'Allemagne et l'a transformée une fois de plus en bastion industriel de l'Europe. Parallèlement, des concessions au Japon sur la valeur de sa monnaie, fixée à ¥ 360 le dollar, ouvraient des marchés d'exportation à son industrie. La décision de construire des camions et d'autres équipements militaires au Japon lors de la guerre de Corée a jeté les bases du développement de l'industrie automobile du Japon ; ce pays a incorporé, puis développé, les techniques de production de pointe établies aux États-Unis.

Les capacités industrielle et économique des États-Unis, même si elles servaient à des fins réactionnaires comme lors de la guerre de Corée, ont été utilisées pour inaugurer une nouvelle phase d'expansion : les trentes glorieuses de l'après-guerre.

Quel contraste avec la situation actuelle! Le capitalisme américain n’est plus le centre industriel du monde, capable d’assurer le développement de l'économie capitaliste mondiale. Il fonctionne plutôt comme le parasite-en-chef mondial. Ses banques d’investissment rapaces et ses fonds spéculatifs parcourent le monde entier, engagés non pas dans la production, mais dans l'appropriation des richesses produites ailleurs, souvent par le biais d’opérations criminelles ou semi-criminelles.

Dans la période d'après-guerre, les États-Unis était le champion du libre-échange, en reconnaissant que le protectionnisme et le chacun-pour-soi des années 1930 avaient produit une catastrophe. Aujourd'hui, grâce à des mesures telles que le Partenariat Trans-Pacifique et des arrangements similaires avec l'Europe, Washington cherche à forger des accords d’exclusivité pour protéger les positions monopolistes des sociétés américaines. L’Amérique, a déclaré Obama, doit écrire les règles mondiales pour le commerce et l'investissement du 21e siècle.

L'influence américaine dans la période d'après-guerre ne se limitait pas à la sphère économique. Malgré toutes ses fonctions contradictoires, la société américaine semblait avoir quelque chose à offrir au monde dans son ensemble, qui avait souffert des décennies de guerre, de fascisme et de dictatures militaires, accompagnés de dévastation économique.

Encore une fois, le contraste avec la situation actuelle ne pourrait pas être plus saisissant. La démocratie américaine, autrefois citée en exemple, est une caricature flétrie d'elle-même, n’étant plus capable de cacher la dictature des élites financières et des entreprises.

Les conditions sociales sont caractérisées par la pauvreté et la violence de l'État, reflétée dans les meurtres quotidiens par la police. L'Amérique a le taux d'incarcération le plus élevé au monde ; à Détroit, autrefois le centre de l'économie industrielle américaine, on coupe l'eau aux habitants démunis. Le gouvernement américain pratique la torture, les enlèvements, les assassinats et l'espionnage de masse sur son propre peuple et d'autres à travers le monde. Le pays est dirigé par des criminels qui commettent leurs crimes en toute impunité.

Après la dissolution de l'Union soviétique en 1991, qui éliminait son rival mondial, la classe dirigeante américaine a été saisi par l'idée que, si sa situation économique avait été sévèrement affaiblie - le krach boursier de 1987 présageait d'autres choses à venir - l'hégémonie américaine pourrait néanmoins être maintenue par des moyens militaires.

Mais comme Frederick Engels avait déjà expliqué, en réfutant un autre partisan de la «théorie de la force », la notion qu'on pourrait « débarrasser le monde, grâce au feu des canons Krupp et des fusils Mauser », des contradictions produites par la vie économque – le progrès de l'industrie, le crédit, et le commerce – était une illusion.

Au courant des 25 dernières années, la politique étrangère américaine, basée sur les missiles de croisière et les drones, les invasions et les opérations de changement de régime justifiées par des mensonges, a produit une débâcle après l'autre.

Maintenant c’est le retour de manivelle ; les autres puissances capitalistes, grandes ou petites, commencent à conclure que s’atteler au mastodonte américain mène droit au désastre. C’est là la signification historique de leur décision d’adhérer à l'AIIB.

Comment l'impérialisme américain répondra t-il? En augmentant ses provocations militaires, menaçant de plonger le monde dans de nouvelles guerres.

En traçant la montée de l'impérialisme américain aux années 1920, Léon Trotsky a remarqué qu'en période de crise, son hégémonie se ferait « sentir plus complètement, plus ouvertement, plus impitoyablement que durant la période de croissance », et qu'il serait tenté de surmonter ses difficultés et ses maladies au détriment de ses rivaux, si nécessaire par la guerre.

Cependant, il y a un autre aspect, qui est décisif dans l'analyse finale, lié au déclin économique de l'impérialisme américain, si puissamment marqué par les événements d'hier.

Pendant des décennies, la classe ouvrière américaine était désorientée par l'idée d'une puissance en constante ascension – que « les meilleurs jours » de l'Amérique étaient toujours à l'avenir. La réalité commence maintenant à s’imposer dans la conscience collective de plus en plus brutalement.

Les événements brisent les illusions du passé et propulseront la classe ouvrière américaine sur la voie de la lutte révolutionnaire, créant ainsi les conditions pour unifier la classe ouvrière internationale dans la lutte pour la révolution socialiste mondiale.

Source : WSWS

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mardi 24 mars 2015

Une guerre contre la Russie sera fatale pour l’occident

Que la guerre soit à nos portes est devenu une évidence pour la grande majorité des Occidentaux. Tout récemment, le Parlement européen vota des dispositions pour préparer l’UE à la guerre contre la Russie.

Depuis au moins deux ans, le bruit des bottes militaires se fait entendre et les bataillons sur terre, sur mer et dans les cieux se positionnent autour de la cible principale qu’est devenue la Russie. Tout cela, orchestré par une campagne médiatique dont le principal objectif est de diaboliser suffisamment l’adversaire pour que les gens en viennent, comme ce fut le cas de ce général de l’armée américaine, à vouloir tuer le plus de Russes possible.

Tout est mis en œuvre pour que l’ours grison prenne les nerfs et commette l’erreur tant recherchée pour justifier aux yeux du monde une intervention directe en territoire russe. Des exercices de simulation d’attaques militaires se réalisent dans à peu près tous les pays limitrophes à la frontière russe. Pour comprendre l’impact d’un tel déploiement, il nous suffit d’imaginer, un seul instant, la réaction qu’auraient les États-Unis si la Russie déployait ses forces militaires tout le long de la frontière séparant le Mexique des États-Unis. Que dire maintenant, si elle y ajoutait une base militaire au Honduras et une autre à Cuba, des frégates, des sous-marins, un ou deux porte-avions dans la mer du Yucatan et dans les eaux internationales de l’Atlantique, tout près de la cote-est  des États-Unis.

Quelles seraient, à votre avis, les réactions des États-Unis? Les plus âgés se souviendront ce qu’avait été cette réaction lorsque des missiles nucléaires avaient été détectés à Cuba, en 1962. C’est pourtant la situation à laquelle est soumise actuellement la Russie, sans parler des sanctions et tout ce qui les accompagne.

En dépit de tout ce climat de provocations, la Russie et son Président demeurent relativement calmes, se contentant derappeler qu’il y a des lignes rouges à ne pas franchir. Cette retenue de la Russie est mise en relief dans un article récent,coiffé de ce titre éloquent: La Russie épargne une guerre au monde en ignorant les provocations de l’OTAN.

Cette patience tranquille de la Russie ne signifie toutefois pas une quelconque insouciance des dangers qui planent sur elle. L’air de rien, Poutine, son ministre des Relations extérieures et ses chefs d’armées placent leurs pions et consolident leurs alliances. Déjà, la Chine et la Corée du Nord s’aligneront avec la Russie, advenant une guerre provoquée par les États-Unis. Plus que tout, la Russie peut compter sur une opinion mondiale qui lui est de plus en plus favorable, les campagnes de désinformation ne parvenant pas à contaminer tous les esprits.

Le calme relatif du président Poutine laisse entendre qu’il a des armes secrètes qui pourront, le cas échéant, neutraliser les forces de l’OTAN et celles des États-Unis. Il dégage l’image de quelqu’un qui est sûr de lui et qui sait où il va avec son peuple et son armée. La guerre des sanctions n’arrive pas à l’ébranler. Le peuple russe continue à soutenir son Président à plus de 85 %. Ce climat n’est pas sans favoriser une armée motivée et disposée à livrer le combat de la victoire contre un impérialisme qui ne veut qu’une chose : gouverner le monde à son image et ressemblance en se l’asservissant.

Pendant ce temps, la Communauté européenne commence à se fissurer et à prendre l’eau. Déjà, sept pays prennent leur distance par rapport à la reconduction automatique des sanctions contre la Russie. Elle réagit de plus en plus mal à l’emprise dominante des États-Unis sur son propre devenir. Les peuples sont de moins en moins disposés à servir de chair à canon pour défendre les intérêts de l’Oncle Sam. Les gouvernants, quant à eux, sont dans l’engrenage des forces de l’OTAN et de celui la Communauté européenne, véritable encadrement qui les soumet à Washington. Ils sont, de moins en moins, les gouvernements au service des intérêts de leurs peuples et de plus en plus des gouvernements au service des intérêts des États-Unis.

Que peut penser le grand Charles de Gaule de ce qu’est devenu cette  France qu’il a toujours voulue indépendante et libre ? Il doit certainement se retourner dans sa tombe lorsqu’il voit que le porte-avions qui honore son nom est sous commandement étasunien.

Tout récemment, c’est l’Allemagne qui est menacée de sanctionsde la part d’Obama. Il ne saurait être question qu’elle accorde l’asile politique à Snowden, ce jeune informaticien à l’origine des informations portant sur l’espionnage illégal des Etats-Unis à l’endroit des citoyens et des pays.

Je conclue cette brève analyse que chacun pourra compléter à sa façon en prédisant que cette grande guerre à venir ouvrira toute grande les portes à l’avènement d’un monde multipolaire et polycentrique. Cette guerre marquera la fin de l’Empire et du grand rêve de la gouvernance mondiale placée sous son emprise.

La Russie, la Chine et les pays du BRICS seront tout à la fois l’inspiration et le moteur de la mise en place de ces nouveaux paradigmes. La suprématie impériale des Etats-Unis et de ses alliés fera désormais partie de cette sombre histoire d’un monde dominé par une oligarchie mondiale aux ambitions insatiables.

Cette prédiction trouve ses fondements dans l’analyse des grandes tendances qui s’imposent de plus en plus au monde. Elle fait évidemment un acte de foi dans cette capacité de la Russie de vaincre les forces de l’empire.

Pour ceux et celles qui s’intéressent à certaines prédictions apocalyptiques, je suggère les conférences du Sheikh Imran Hosein sur la fin des temps. Il est un spécialiste de l’eschatologie révélée dans le Coran et la lecture qu’il fait de cette grande guerre à venir est celle d’une Russie renouvelée, profondément identifiée à l’Église orthodoxe de Russie et de Constantinople. C’est cette Russie qui saura porter ces nouvelles valeurs au monde qui surgira de cette grande guerre où seront vaincues les forces occidentales.

Oscar Fortin

Source : centpapiers
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Les milices houthistes occupent Taïz pendant que le Yémen s'enfonce dans la guerre civile

Les milices houthistes ont capturé l'aéroport militaire de Taïz samedi sans résistance de la part des forces militaires yéménites. Avec la capture de Taïz, les forces houthistes sont à moins que 180 kilomètres de la ville portuaire méridionale d'Aden, la ville natale et fief du président Abd Rabo Mansour Hadi.

Des combattants des forces spéciales de sécurité armés de fusils automatiques et de gaz lacrymogènes auraient tiré pour disperser les foules de manifestants qui se sont déplacés pour s’opposer à la présence des houthis dans la troisième ville du pays.

En pleine intensification du conflit sectaire dans le pays, les États-Unis ont annoncé qu'ils évacuaient environ 100 soldats américains d’opérations spéciales qui avaient été stationnés à la base aérienne Al Anad dans la province de Lahj. Ils ont fait état de menaces de sécurité après que des militants d'Al-Qaïda ont pris brièvement le contrôle de la ville voisine d’Al Houta vendredi.

Les houthis, qui appartiennent à la branche chiite zaydite de l'islam, avaient commencé une occupation de la capitale, Sanaa, en août l'année dernière pour protester contre la réduction radicale des subventions aux carburants. Ils avaient pris le contrôle du palais présidentiel en janvier et en février forcé la démission de Hadi et ses ministres. Mohammed Ali al-Houthi, un cousin du dirigeant houthiste Abdel Malik al-Houthi, a été ensuite déclaré le nouveau président.

L’assiégé Hadi a pu échapper à l’assignation à résidence à Sanaa le mois dernier, fuyant à Aden, où il a organisé des forces militaires qui seraient prêtes à lutter contre les houthis, qui sont alliés à l'ancien dictateur de longue date Ali Abdullah Saleh.

Les combats entre les factions rivales se sont aggravés après que la branche yéménite du groupe État islamique (ÉI) a mené des attentats suicides vendredi contre deux mosquées houthistes à Sanaa, tuant plus de 130 personnes et en blessant plus de 300 autres.

Samedi, Hadi a publié une déclaration télévisée appelant les houthis à renoncer au contrôle de Sanaa et d'autres villes. Il a accusé l'Iran d'être responsable des avances des houthis et a promis de repousser les milices dans leur province de Saada, dans le lointain nord-ouest du pays, à la frontière de l'Arabie saoudite.

Le Comité révolutionnaire suprême houthi a réagi en publiant une déclaration condamnant Hadi et les forces qui le défendent. Il a appelé les soldats, agents de sécurité et volontaires civils à lutter contre «les forces terroristes dans tout le pays».

Les houthis reçoivent un soutien financier et militaire de l'Iran et ont l'appui de l'ancien dictateur de longue date Ali Abdullah Saleh, qui a cédé le pouvoir à l'époque au vice-président Hadi en 2012 à la suite de protestations de masse du Printemps arabe. Saleh, qui vit en exil en Éthiopie, commande toujours la loyauté des forces militaires au Yémen, en particulier parmi les forces spéciales de sécurité.

Jeudi dernier, les forces loyales à Saleh ont lancé une attaque sur l'aéroport d'Aden dans une tentative d'évincer les partisans de Hadi, mais ont été repoussées. Ces forces ont également libéré 300 détenus de la prison principale de la ville et ainsi auraient remis en liberté plusieurs militants d'Al-Qaïda. Des avions militaires survolent l'enceinte de Hadi et y ont lancé au moins deux frappes aériennes dans les quatre derniers jours.

L'Organisation des Nations Unies a tenu une réunion d'urgence en huit clos du Conseil de sécurité dimanche après-midi pour discuter d'une réponse possible à l'escalade du conflit au Yémen. Envoyé spécial de l'ONU au Yémen Jamal Benomar a averti que si une action immédiate n’était pas prise, le pays «pourrait se transformer en une sorte de combinaison de la situation qui fait rage en Irak, en Libye et en Syrie».

L’impérialisme américain est responsable en dernière analyse du chaos dans lequel est maintenant plongé ce pays arabe pauvre. En intervenant agressivement pour maintenir son contrôle stratégique du détroit de Bab-el-Mandab entre l'océan Indien et la mer Rouge, qui relient l'Asie et le golfe Persique à l'Europe, Washington attise les tensions à l'intérieur du Yémen avec sa guerre de drones contre les militants islamistes.

La guerre a été une des principales initiatives de politique étrangère du président Barack Obama, lancée en décembre 2009 avec le tir d'un missile de croisière chargé de bombes à fragmentation contre le village d'Al Majan dans la province Abayan. La frappe a tué jusqu'à 41 civils, dont cinq femmes enceintes et 22 enfants.

La base aérienne Al Anad a été l'un des principaux sites utilisés par les militaires américains et la CIA pour lancer des frappes de drones sur des cibles au Yémen. Saleh avait, en douce, donné le feu vert pour les opérations de drones en 2009 et Hadi était un fervent partisan de la guerre de drones après son arrivée au pouvoir en 2012.

Après que les houthis ont évincé Hadi de Sanaa, les États-Unis ont indiqué qu'ils avaient conclu un accord avec les houthis afin de maintenir leurs opérations. «Les houthis sont anti-Al-Qaïda et nous avons été en mesure de poursuivre une partie de nos opérations antiterroristes contre Al-Qaïda au cours des derniers mois», a déclaré le sous-secrétaire de la Défense pour le renseignement Michael Vickers à Al Monitor en janvier.

La guerre de drones américaine, qui a tué plus de 1000 personnes en moins de six ans, s'en prend à un pays avec des divisions tribales et sectaires de longue date et l’a plongé dans une guerre civile sectaire sanglante. La guerre a pris le caractère d'une guerre par procuration entre les principales puissances sunnites et chiites dans la région – l’Arabie saoudite et l'Iran, respectivement.

Comme les houthis ont fait leur avance dans Taïz dimanche, le vice-ministre des Affaires étrangères de l'Iran Hossein Amir Abdollahian a exigé que Hadi démissionne et qu'il prévienne l'apparition de plus de violence dans le pays. «Nous espérons que le président ... Hadi démissionnera plutôt que de répéter les mêmes erreurs et jouera un rôle constructif dans la prévention de l'éclatement du Yémen et la transformation d'Aden en un refuge pour les terroristes», a déclaré Abdollahian.

Des responsables des États arabes du Golfe, dont le ministre saoudien de l'Intérieur prince Mohammed ben Nayef, ont publié une déclaration samedi en soutien à Hadi comme dirigeant légitime du Yémen et ont annoncé qu'ils étaient prêts à «faire tout ce qu'ils pouvaient» pour défendre son administration.

«Le Yémen s’enfonce dans un tunnel sombre qui aurait de graves conséquences non seulement pour le Yémen, mais pour la sécurité et la stabilité», peut-on lire dans la déclaration. «La sécurité du Yémen et des pays du CCG [Conseil de coopération du Golfe] est un tout indivisible.»

Source : WSWS
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