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vendredi 15 avril 2011

Burkina Faso : Le despote Blaise Compaoré en fuite, au grand dam d’Alassane Ouattara et Nicolas Sarkozy


Le Burkina Faso est en révolte chronique depuis le putsch militaire contre Thomas Sankara, en 1987. Toutefois, depuis le début de l’année, 2011, les révoltes semblent se propager à l’ensemble du pays et des classes sociales. J’avais souligné le soulèvement des militaires de la fin mars dernier, dans le texte “Manipulations psychologiques face à la Côte D’Ivoire et silence médiatique pour le Burkina Faso”. Blaise Compaoré avait alors conclu une entente avec les militaires, afin de bonifier leurs revenus et leurs avantages sociaux. Mais hier, jeudi 14 avril, de nouvelles mutineries ont éclatées dans deux casernes militaires, sous prétexte que l’entente n’avait pas été respectée. L’une de ces casernes étant dans l'enceinte même de la résidence de Compaoré, le président-dictateur a dû fuir vers son village natal, Ziniaré.

Certaines sources prétendent que Blaise Compaoré a regagné son palais présidentiel, mais le mouvement de révolte a été rejoint, ce vendredi 15 avril, par 3 autres casernes, dont le camp Guillaume Ouédraogo, l’un des plus importants de la capitale, Ouagadougou. Ce qui est le plus troublant pour Compaoré, c’est que le régiment présidentiel qui s’est révolté dans les dernières heures est composé des éléments les plus performants et les mieux payés de l’armé burkinabès. Mais selon plusieurs sources, les mutins affirment qu’“On ne peut pas travailler pour qu'il s'enrichisse”.

Il est inconcevable que l’occident et les instances internationales se soient acharnées ainsi contre l’ivoirien Laurent Gbagbo, alors qu’elles négligent aussi passivement les mascarades électorales de novembre 2010 au Burkina Faso. Il est vrai que ce scrutin a été ‘sous observation internationale’, par l’Observatoire Européen pour la Démocratie et le Développement (OEDD). Pourtant, ces observateurs n’ont même pas soulignés le fait que moins de 25% des Burkinabès avaient le droit de vote, car 12,5 millions des 16 millions de Burkinabès n’étaient PAS inscrits sur la liste électorale. Il est plus que louche que ces mêmes observateurs aient prétendus que l’élection s’était déroulée “dans le calme [...], le sérieux, la courtoisie, la discipline, l’ordre et la maturité”, alors que selon des témoins, “seuls les représentants du candidat Compaoré et les forces de l’ordre étaient présents dans les bureaux de vote visités”.

Devant cette imposture électorale et le silence de la communauté internationale, il est impératif, pour le renversement du dictateur Blaise Compaoré, de briser l’armée burkinabès en deux. Il est urgent que les militaires patriotes fassent défection, pour rejoindre le mouvement de protestation civil des procureurs, des étudiants et des petits commerçants déjà dans les rues. Ceux-ci ne peuvent évidemment pas compter sur l'assistance de la communauté internationale et de ses médias, ces derniers étant redevables envers Compaoré pour son implication dans l'invasion du nord-ouest de la Côte d'Ivoire et du renversement de Laurent Gbagbo.

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