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mercredi 20 avril 2011

Déclaration des Burkinabès d'Allemagne, face aux révoltes et à la crise politique au Burkina Faso

Source : Camer.Be

Ceci est une déclaration des Burkinabè de l’Allemagne relative à la situation sociopolitique nationale. Selon les signataires de cette déclaration, toutes ces manifestations ont un dénominateur commun. Lisez. Depuis plus de deux mois, le Burkina est secoué par divers manifestations plus ou moins violentes. Après les manifestations des élèves et étudiants, s’en est suivi celles des militaires en passant par celui des commerçants, sans oublier ceux des magistrats et auxiliaires de justice qui ont eu a suspendre avec juste raison l’exercice de leur fonction. A y regarder de plus près, toutes ces manifestations ont un dénominateur commun : La graine de l’impunité, ensemencée au détour de la révolution d’août 84, qui a été entre temps arrosée du sang des dignes fils du pays, Thomas Sankara et ses collaborateurs, Boukary Dabo, Oumarou Clément Ouédraogo, Norbert Zongo et ses compagnons d’infortune, et aujourd’hui Justin Zongo pour ne citer que ceux-là, puisque la liste est très longue, a fini par donner ses fruits les plus pourris au pays des hommes intègres et convaincre plus d’un Burkinabè, qu’il n’existe qu’une justice de façade, à la botte d’un cercle. La fracture sociale, qui fait que moins de 20% de la population détiennent près de 75% de la richesse nationale se "bunkerisent" dans l’opulence et traite avec arrogance la majorité de la population qui tire le diable par la queue.
 
La patrimonialisation et la corruption à grande échelle font qu’au Faso, il suffit d’avoir un époux ou une épouse, un parent, etc. dans le cercle fermé pour se voir de gré à gré attribuer un marché juteux, ou d’avoir la bonne carte de parti pour être admis à un concours ou un examen quelconque etc. Même la grande muette n’échappe pas à cette injustice, car au Faso, nous avons une armée de galère, qui peine à joindre les deux bouts, et qui contraste avec celle chargée de la protection du seul président, qui ne connaît pas de fins de mois difficiles et qui bénéficie de tous les privilèges. Une dictature qui depuis presque 24 ans sévit en manipulant les élections et maintient volontairement la population dans l’ignorance absolue puisque le pays des hommes intègres est le deuxième pays au monde ayant un taux le plus élevé d’analphabètes.

Toutes ces observations sautent à l’œil de n’importe quel Burkinabè, sauf ceux du parti au pouvoir « CDP » qui, au lieu de voir dans ces manifestations le ras-le-bol des populations qui n’en peuvent plus, trouvent qu’elles sont manipulées par tel ou tel parti politique. Avec un si mauvais diagnostic, il n’est pas étonnant qu’on ne trouvera aucun remède aux maux d’un pays qu’on voudrait pourtant émergent. Aussi, fidèle à sa tradition de mépris à la souffrance des hommes intègres, le premier magistrat du pays, s’est mû dans un silence dont il a le secret, faisant fi des morts et semblant se préoccuper des dégâts matériels lors des manifestations.

Blaise Compaoré a brusquement retrouvé la parole quand les armes ont commencé à crépiter à Ouagadougou. Confirmant ainsi que sa seule préoccupation est son pouvoir, et pour le garder, il annonce la dissolution du gouvernement et le limogeage des différents chefs de l’armée pour distraire l’opinion. Le malaise est plus profond que les mesures annoncées par le président. Le mal doit être traité à sa racine et par conséquent : Nous, Burkinabè en Allemagne se joignent à l’ensemble des Burkinabè pour demander la démission de Blaise Compaoré pour avoir failli à sa mission. En outre, nous condamnons les pillages des militaires et exigeons le dédommagement des victimes de ces pillages. Les Burkinabè en Allemagne ne sauraient terminer sans présenter leurs condoléances aux familles de Justin Zongo, d´Assad Ouédraogo, de Madina Bouda, et de toutes les victimes de ces dernières manifestations.

Fait en Allemagne le 17.04.11

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