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samedi 2 octobre 2010

Échanges sur les Conséquences et le Destin du Systèmes Capitaliste.

En réponse à "La fable d'Helmut von Fourmi et d'Andreas Cigalis - Sur les vertus édifiantes de la désinflation compétitive et de la rigueur salariale" :
http://agitlog.zeblog.com/430010-la-fable-d-helmut-von-fourmi-et-d-andreas-cigalis

Je trouve que votre explication est très simple et compréhensible, elle illustre l'un des "défaut" immense du système capitaliste, basé sur la compétitivité. Surtout qu'aujourd'hui, cette compétitivité ne s'applique qu'aux petits (producteurs, détaillants, etc.). La réelle compétitivité capitaliste idéalisée par Adam Smith et ses comparses, à l'origine du capitalisme, n'existe plus. Un autre exemple que cette réelle compétitivité est utopique est "l'effet de quantité" du système qui veut que plus vous achetez, plus vous aurez droit à un prix favorable. Par exemple, quelqu'un qui achèterait une pomme à tous les jours de la semaine paiera ses pommes plus cher que celui qui s'achète un paquet de 7 pommes au début de chaque semaines. Il s'agit pourtant du même produit, mais plus vous en achetez, plus vous épargnez. Cela assure au riche qu'il sera sans cesse favorisé et stimulé à devenir plus riche.

Il aurait également été très intéressant de lire dans votre fable les destins inéluctables du système capitaliste. Lorsque vous parlez d'inclure des machines dans la construction de briques ou de maisons, vous auriez pu insister sur le fait que ces machines remplaceraient de la main d'œuvre humaine. En effet, si une seule machine peut remplacer le travail de plusieurs individus, ces individus se trouvent à être vétustes, inutiles. L'avancement technologique fait que de moins en moins de travailleurs sont nécessaires pour générer la même quantité de produits, et même plus! Cela entraine inévitablement soit :
-Une société de service, mais où ceux qui peuvent bénéficier de ces services sont constamment d'un plus petit nombre.
-Accroissement des travaux inhumains, immoraux, illégaux, etc. (prostitution, crime organisé, vol de biens, etc.).
-Si un État-Providence existe pour redistribuer la richesse, accroissement extrême du chômage et endettement des États.

Ces destins sont intrinsèques au système capitaliste et forcé par la compétitivité du système économique et de l'avancement technologique. Mais cela n'est pas tout. Il aurait été bien d'inclure dans votre allégorie, le rôle des banques privées, mais surtout le fait que la banque centrale soit un organisme privé. Pour bien comprendre le nœud du problème, il faut percevoir l'argent comme un outils. C'est un outils qui sert au commerce, tout comme les pièces d'Or le faisaient auparavant. S'il est écrit Canada ou Euro sur votre monnaie, sachez qu'elle n'appartient nullement à vos gouvernements respectifs. Les monnaient sont propriété d'une entreprise privée, les Banques Centrales, qui eux, décident du nombre d'argent en circulation dans le monde et plus particulièrement sur le territoire national. Celui qui contrôle la monnaie dicte le niveau de vie des citoyens dans un pays. Pour augmenter le niveau de vie, il suffit d'ajouter plus de monnaie en circulation. Attention par contre, la monnaie étant un outils comme un autre, elle est soumises également aux lois du marché, c'est à dire l'offre et de la demande. Plus il y a de pelles à vendre, plus les prix des pelles aura tendance à baisser. De la même façon que plus il y aura d'argent en circulation, moins l'argent vaudra cher. Plus les gens seront riches, plus ils achèteront et plus les prix monteront. C'est ce qu'on appel l'inflation. L'inflation serait donc dictée d'une certaine façon par les agissements des Banques Centrales? Tiens-donc! Heureusement, les banques ont des moyens pour agir sur l'inflation. Si l'inflation est le résultat qu'il ait trop d'argent en circulation, il suffit aux banques d'augmenter leurs taux d'intérêts pour que les gens tentent de rembourser leurs dettes plus rapidement, et cesser d'emprunter. Ainsi, il y aura moins d'argent en circulation, donc une moins grande consommation, ce qui devrait freiner et amoindrir l'inflation.

Le système capitaliste que nous connaissons aujourd'hui est devenu très instable. Quoi qu'en disent nos élites politiques et économiques, les crises économiques sont causées par un dérèglement entre l'économie réelle (la production et la consommation de tous les jours) et l'économie fictive (système bancaire, bourse, épargnes, actions, etc.). Il existe plusieurs sortes de crises économiques, dont les crises bancaires, et les crises de surproduction. Si la crise de 2008 a été si forte, c'est que cette crise était en fait une double crise, de surproduction et bancaire. Quoi qu'il en soit, il est important de savoir que les crises économiques ont existé avant celle de 1930 et existeront après celles de 2008. Par contre, elles sont de plus en plus rapprochées et de plus en plus fortes. Cela nous révèle que l'économie fictive se détache de plus en plus de l'économie réelle. Pourquoi donc? Un seul facteur : la monopolisation de l'économie.

Le système capitaliste est devenu à ce point instable en parti à cause de la monopolisation du Capital. De moins en moins d'argent est en circulation dans les masses, le commun des mortels, alors que de plus en plus d'argent est en possession de moins en moins de personnes. D'où l'accroissement de l'écart entre les pays riches et les pays pauvres, mais également entre les pauvres et les riches dans chaque pays. Si autre fois le salaire d'un patron était 20 fois plus élevé que leurs employés, nous en sommes maintenant rendu dans certains cas à du 1$ pour 1000$ en faveur des propriétaires. Cela n'a aucun sens et crée de l'instabilité pour l'ensemble de la population.

Il existe des riches sur Terre et des groupes de riches qui peuvent décider du jour au lendemain de changer le destin d'un pays. Si le cuivre est une ressource importante pour les pays du Sud et que les riches qui ont investis dans le cuivre décident de vendre subitement toutes leurs actions en bourse dans le domaine du cuivre, cela fera chuter le prix du cuivre et donc créera de l'instabilité dans ce pays qui verra ses profits chuter. Un autre exemple, de ce non-sens de l'humain moderne est le fait que quelques humain aujourd'hui peuvent décider personnellement de se procurer assez de bombes pour détruire l'humanité entière. Ils en ont la possibilité!

Si la monopolisation de l'argent a ses effets néfastes, la monopolisation de la production en a probablement plus. Si autrefois le but était de vendre le plus possible et conquérir de nouveaux marchés, ce n'est plus le cas aujourd'hui dans bien des domaines. Les marchés ont étés conquis, il arrive qu'il ne reste que 2 ou 3 entreprises mondiales dans certains secteurs de l'industrie. Que faire ensuite dans un système économique supposément basé sur la compétition des entreprises? Limiter la production, bien sûr! Pour augmenter facilement la marge de profit des entreprises qui ont conquise un méga marché imprenable, il suffit de limiter la production. Toujours selon les lois du marché, de l'offre et de la demande, le manque (rareté) fait augmenter les prix. Donc si le marché a été conquis et que vous vendez un produit indispensable ou que vous avez rendu indispensable, vous quadruplerai vos profits en limitant la production car vous vendrez moins de produits, mais vous les vendrez plus cher. Moins de dépenses, moins de risques, plus de profits. N'est-ce pas là un rêve que tous les bourgeois aspirent? Cela explique que dans les dernières décennies, les entreprises ont passées de 4% à 6% de profits à des profits avoisinants les 10%, voir même 25% dans certains cas. Les investisseurs et les entreprises ne se contentent plus des maigres 5% d'accroissement, même si l'entreprise est profitable avec ce taux de profit, ils fermeront l'entreprise quand même, ce qui aura pour but de créer une rareté de produit ou de service et fera gonfler les prix, assurant une plus forte rentabilité aux autres commerces sous leurs tutelle. Pendant ce temps, il n'y a jamais eu autant de manque dans le monde. Même s'il y a toujours plus de sans-abris, de mal-nutrition, de dommages à l'environnement, de manque en santé et en éducation et d'écart entre les riches et les pauvres, la cupidité et l'appât du gain est vénéré par quiconque!

Il faut cesser ce non-sens. Les assises du système capitaliste reposent sur des lois qui n'entraineront que les plus grosses entreprises, à devenir plus grosses et à rester toujours plus gourmandes. Cela entrainera une concentration de la richesse et du pouvoir toujours plus grande, jusqu'à ce que mettions en place un nouveau système économique. Il ne faut pas compter ni sur nos élites économiques, ni sur nos gouvernements pour faire cela, seul le peuple informé et instruis fera la différence. Il faut réinventer un monde plus juste, où la richesse, mais également le travail serait mieux réparti, respectueux de l'Homme et de l'Environnement.




3 [ C O M M E N T A I R E S ]

:

Anonyme a dit…

La déroute du capitalisme est un fait connu depuis maintenant plus de 175 ans. D'ailleurs, on ne peut qualifier notre système actuel de capitaliste, car le capitalisme est basé sur une saine et totale compétitivité, qui vraisemblablement n'existe plus. L'écroulement du système économique que nous connaissons aujourd'hui est proche, car le pouvoir d'achat des masses diminue constamment. L'immense endettement des individus et des État partout sur la planète est devenu nécessaire pour financer le système économique et sans cesse créer une plus grande masse financière. Par contre, que ferons-nous lorsque la majorité seront sur-endettés et insolvables? Ce sera l'écroulement, pareil à une forteresse de cartes. Les seules questions qui restent : à qui profitera cet écroulement du système économique et politique, et quelle classe et individus remodèleront le monde. Vive la révolution citoyenne, abat la domination du capital et de l'État financier.

Ou le mot citoyen prend tout son sens a dit…

Le capitalisme est basé sur une consommation infinie et toujours plus importante. Dès que cela cesse, la roue économique qu'est le capitalisme se bloque et la machine s'arrête. Les artisans du capitalisme ont inventés des biens de consommation qui durent moins longtemps, afin d'accélérer la consommation. Ils ont permis et encouragé l'endettement chronique et excessif, tout en répandant une panoplie de mensonges afin de vendre des produits toujours plus inutiles. Si cela cesse, l'engrenage se bloque...

Le capitalisme que nous connaissons aujourd'hui est basé sur une poignée de postulats qui n'ont plus aucun sens aujourd'hui. Le premier d'entre eux veut que le capitalisme soit basé sur une compétitivité loyale, mais en cet ère de mondialisation, la vrai concurrence n'existe plus dans bien des secteurs. Le capitalisme est devenu de plus en plus instable, déconnecté de la réalité, et nos élites le savent bien. Ce n'est pas pour rien qu'ils ont créer des milliers de milliards de $$$ pour repousser la crise économique de 2008. Pendant ce temps, la division entre riches et pauvres ne cesse de croître et ceux qui sont supposés protéger les masses et la justice restent stoïques et insensibles.

Le capitalisme est vétuste, dépassé, il n'arrive plus à distribuer équitablement le travail et la richesse ni au niveau national, et encore moins au niveau planétaire. Nos élites le savent, et ils feront tout pour ne pas nous en instruire. L'appareil politique est à leur solde, tout comme les médias, les syndicats, les commençants et tout ceux qui profitent de près ou de loin de ce système de division sociale.

Je peux comprendre que vous espérez, tout comme moi, que l'individu se conscientisera et trouvera une façon de consommer, respectueuse de l'Homme et de l'Environnement, mais c'est une totale utopie. Le chaos économique qu'est le capitalisme ne peut plus soutenir et aider l'être humain, c'est plutôt l'être humain qui doit se réduire en esclavage et à toute forme de prostitution pour soutenir le système capitaliste. Cela n'a plus de sens, nous devons évoluer, nous devons surpasser les dogmes du passé.

Fred a dit…

Échange très instructif, merci.
Il est dommage que nous ne soyons pas capables socialement de débattre de la situation de l'économie mondiale. Même la plupart des économistes ignorent la structure économique. Ce sont en fait des financier, non pas des économistes.

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